Attaques sanglantes israéliennes contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée : Un mort, 70 blessés et des dizaines de maisons brûlées

14/04/2024 mis à jour: 18:04
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Les colons israéliens ont commis d’innombrables crimes innommables en Cisjordanie occupée

Depuis le 7 octobre dernier, les Palestiniens des territoires occupés, en Cisjordanie et Al Qods-Est, vivent dans un climat de terreur imposé aussi bien par l’armée d’occupation que par la horde de colons illégaux armés par l’Etat hébreu. 

Depuis vendredi dernier, la tension est montée d’un cran lorsque près de 1500 milices, majoritairement dotées d’armes à feu et protégées par les forces sionistes, ont pris d’assaut plusieurs villages de la localité d’Al Mughayyir, au nord-est de Ramallah, avant de tuer au moins un Palestinien, Jihad Abu Alia, blessé des dizaines d’autres et mis le feu à des dizaines de maisons et de véhicules. Les enregistrements vidéo, diffusés sur les réseaux sociaux donnent froid dans le dos. Pris de panique, de nombreux civils couraient dans tous les sens, sous le sifflement des balles tirées par une horde de colons armés. De nombreux blessés tombaient à terre, alors que les flammes emportaient plusieurs véhicules et maisons, sous les cris des femmes et des enfants.

 Selon le ministère de la Santé, Abu Alia a été touché directement par les balles, alors qu’il se trouvait dans sa maison. Le Croissant-Rouge palestinien a annoncé avoir pris en charge au moins 18 blessés, dont un dans un état critique, dans le village d’Al Mughayyir. De son côté, le vice-président du conseil d’Al Mughayyir, Marzouq Abu Naim, a déclaré à l’agence palestinienne Wafa : «Au moins 1500 colons, protégés par l’armée d’occupation, continuent de tuer et d’incendier les maisons et les propriétés des habitants dans tout le village. Les colons ont également incendié une quarantaine de maisons et de véhicules appartenant à des Palestiniens.»

 Au nord de la Cisjordanie, notamment à Naplouse, les habitants de la ville de Douma ont vécu le même cauchemar, avec de violentes attaques simultanées menées par des milices sionistes armées, contre les maisons et les voitures. Les vidéos largement partagées sur la Toile montrent la violence et la brutalité avec lesquelles les agressions ont été commises contre des Palestiniens sans défense qui tentent de repousser les attaques avec des jets de pierres, des bâtons ou encore à mains nues. Repris par l’agence Wafa, le chef du conseil du village de Douma, Suleiman Dawabsha, a déclaré que «des dizaines de colons ont attaqué les maisons des citoyens dans la partie ouest de la ville, où les citoyens les ont affrontés. Prenant comme prétexte une opération de recherche d’un berger israélien porté disparu, les milices sionistes ont pris pour cibles de nombreux villages, dont d’Al Mughayyir, Abu Falah, Douma... La presse israélienne a évoqué la disparition dans la matinée de vendredi, à proximité de la colonie Malachi Hashalom, établie illégalement sur des terres palestiniennes, avant d’être légalisée, par l’Etat hébreu, en février 2023.

 Rapportés par l’agence Wafa et diffusés par des internautes, les témoignages des victimes sont hallucinants. Au milieu de la journée, le village d’Al Mughayyir a été envahi par des dizaines de véhicules qui bloquaient l’horizon avant que les colons armés de l’est de la plaine d’Al Mughayyir n’en sortent en avançant rapidement vers les maisons situées à la périphérie du village, coïncidant avec le moment où l’armée d’occupation fermait ses entrées et empêchait la circulation des personnes et des véhicules. A l’aide des haut-parleurs des mosquées, des appels à la mobilisation sont lancés en direction des familles et des voisins. 


Les sanctions de l’UE adoptées au forceps

Des dizaines de personnes ont afflué vers les maisons les plus proches sur la route de la colonie Alon, par où les colons ont entamé leur assaut. Des scènes chaotiques sont immortalisées par des vidéos que les victimes ont diffusées sur la Toile. Depuis le début de l’année, 550 attaques ont été menées par les milices armées contre les Palestiniens, dont trois ont été tués par les assaillants, lesquels ont incendié les terres et volé le cheptel. Hier matin, les attaques de colons armés contre la population ont repris dans les mêmes villages où ils ont tiré sur des véhicules de Palestiniens à un barrage militaire installé à l’entrée de la localité d’Atara, au nord de la ville de Ramallah, selon des sources locales palestiniennes, a rapporté l’agence palestinienne. 

Ces violences contre les biens privés et de la collectivité sont récurrentes en Cisjordanie et rarement, pour ne pas dire jamais, condamnées par l’autorité occupante. Selon Wafa, plus de 600 000 Israéliens vivent, en violation du droit international, dans des colonies uniquement juives à Jérusalem-Est occupée et en Cisjordanie. Dans une déclaration rendue publique hier, Mohammad Mustafa, Premier ministre palestinien, a affirmé que les autorités de son pays «font des efforts juridiques pour que les colons sionistes qui attaquent les localités palestiniennes soient poursuivis par la Cour pénale internationale (CPI)», ajoutant : «Les attaques des colons sionistes n’empêcheront pas le peuple palestinien de défendre ses terres et de contrecarrer les plans d’expulsion des Palestiniens.» 

Il faut dire que durant les six derniers mois, plus de 700 attaques ont été menées par de colons sionistes en Cisjordanie et à Al Qods, ce qui a poussé 1244 Palestiniens, dont 600 enfants, à la déportation, en raison de la violence des colons et des restrictions d’accès. Au mois de février dernier, les Etats-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l’Espagne et la Nouvelle-Zélande avaient annoncé des sanctions contre un certain nombre de colons impliqués dans des attaques et des actes de violence contre des Palestiniens en Cisjordanie occupée. Il y a quelques semaines, Washington a ajouté les noms de «trois colons et de deux entités israéliennes» auxquels elle a infligé des sanctions «pour avoir été responsables, complices ou avoir participé à la planification, à l’émission d’ordres ou à la direction d’actes de violence ou de menaces de violence qui ciblent des civils et affectent l’environnement de la Cisjordanie». 

Pour leur part, les ministres des Affaires étrangères des pays de l’Union européenne ont été plus rapides à s’entendre sur les sanctions imposées à la résistance palestinienne, accusée de tous les crimes possibles, alors qu’ils étaient très réticents en ce qui concerne les crimes des colons qui se déroulent sous les yeux de l’humanité. Après avoir été bloquées durant des mois, les sanctions ont fini par être adoptées au forceps, lundi dernier, et annoncées avant-hier vendredi. 


Dans sa déclaration, le chef de la politique extérieure de l’UE, Joseph Borell, a affirmé que l’Union «est parvenue à un accord politique pour sanctionner les colons israéliens extrémistes», ajoutant : «Nous avons discuté des sanctions contre le Hamas. Et nous nous sommes mis d’accord sur des sanctions à l’encontre des colons extrémistes. 

Cela n’avait pas été possible lors du dernier Conseil des ministres des Affaires étrangères. Cette fois-ci, c’est possible. Un compromis solide a été trouvé et j’espère que cela continuera jusqu’à l’adoption complète bientôt, mais l’accord politique est là.» 

Depuis des mois, ces sanctions étaient bloquées par quelques pays de l’UE, principalement l’Allemagne, la République tchèque et l’Autriche, qui comptent parmi les plus influents soutiens d’Israël au sein de l’UE. 


 

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