Application des décisions prises en Conseil des ministres : Tebboune met la pression sur le gouvernement

03/10/2023 mis à jour: 03:04
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Abdelmadjid Tebboune a présidé dimanche un Conseil des ministres - Photo : D. R.

Le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné «le recensement, le suivi et l’évaluation de toutes les décisions prises en Conseil des ministres, en relevant ce qui n’a pas été encore appliqué».

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, revient avec insistance sur la question de l’application des décisions prises en Conseil des ministres. Il est ainsi primordial pour le chef de l’Etat que l’exécution des décisions se fasse rapidement pour accélérer la cadence des réformes et de la modernisation des institutions en faveur du développement économique et du bien-être des citoyens.

En effet, lors de la dernière réunion du Conseil des ministres tenue le 1er octobre, le président Tebboune a exigé des rapports détaillés sur l’état d’avancement de l’application de ses décisions. Il a ordonné, dans ce sillage, «le recensement, le suivi et l’évaluation de toutes les décisions prises en Conseil des ministres, en relevant ce qui n’a pas été encore appliqué». Ce travail de suivi et d’évaluation doit cibler, en priorité, les décisions ayant un caractère urgent.

Le chef de l’Etat accorde un délai d’«un mois au maximum» aux commissions de contrôle de mise en œuvre de ces décisions pour faire leur travail. Il maintient ainsi la pression sur les membres du gouvernement ainsi que sur les walis qu’il a tancés plusieurs fois sur les retards dans l’exécution de ses décisions, notamment celles visant à améliorer les conditions de vie des citoyens.

Résistances

Si le président Tebboune évoque ce point, c’est sûrement à cause des retards constatés dans la concrétisation de certains objectifs assignés à l’action du gouvernement.

L’on peut citer, à titre indicatif, le dossier de la numérisation. Lors d’un Conseil des ministres tenu en avril dernier, le président de la République avait enjoint aux ministres des Finances et de la Numérisation de «concrétiser le projet de numérisation des Domaines, des Impôts et des Douanes, dans un délai de six mois au maximum, et ce, à titre de première phase, avant la numérisation globale». Bien que d’importants efforts soient consentis, tout ne semble pas se passer comme attendu par le chef de l’Etat.

Globalement, les efforts visant la modernisation du fonctionnement des institutions et administrations publiques pour plus d’efficacité et de transparence sont confrontés à des résistances de la part des partisans de vieilles pratiques révolues qui ont visiblement la peau dure. La bureaucratie fait encore de la résistance dans un certain nombre de secteurs.

Ce n’est pas la première fois que le président Tebboune soulève la question de la non-application des décisions prises en Conseil des ministres. Lors d’une rencontre avec des représentants de la presse nationale, en novembre 2021, il avait fait état de plaintes de citoyens relatives à la non-application des décisions prises par le gouvernement, citant, entre autres, la prime de la Covid-19 destinée aux personnels exerçant dans le secteur médical qui n’a pas été perçue dans certains établissements. «C’est à cause de cela que j’ai mis fin aux fonctions de plusieurs walis et ministres. Celui qui n’applique pas les décisions du gouvernement doit partir», avait-il prévenu, assurant que chaque remaniement ministériel était effectué sur la base des résultats réalisés sur le terrain.

Pour le chef de l’Etat, il est inconcevable de voir des citoyens déçus par la non-application des décisions  prises, dans le souci d’améliorer leur situation sociale. Il avait ainsi évoqué le cas de la création d’une école supérieure pour sourds-muets.  Six mois après la décision portant sa création, «rien n’a été entrepris dans ce sens», avait-il déploré, tout en précisant qu’il y avait «beaucoup d’exemples similaires».

Ces situations, qui suscitent dans bien des cas colère et incompréhension chez les citoyens, impactent négativement l’action du gouvernement et retardent la concrétisation du programme du président de la République. C’est ainsi qu’aujourd’hui, le président Abdelmadjid Tebboune veut, à travers les commissions de contrôle, avoir entre les mains toutes les données relatives à l’état d’exécution de ses décisions, afin de pouvoir agir en conséquence. 


 

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