Alors que le dispositif d’assurance calamités agricoles sera prochainement lancé : La CNMA élargit son intervention au secteur industriel

11/11/2023 mis à jour: 03:10
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Cette année, le climat a beaucoup impacté le secteur de l'agriculture

En ces temps de stress hydrique, la question relative à l’assurance contre les calamités agricoles continue à faire débat. Entre les attentes des agriculteurs, les pertes enregistrées dans les filières stratégiques, les mesures mises en œuvre par le gouvernement pour atténuer une telle situation et les dispositifs en attente de lancement, le dossier revêt une importance cruciale. 

Et ce d’autant que l’assurance agricoles n’arrive toujours à susciter l’engouement de ceux qui sont sur le terrain comme les paysans et les éleveurs. L’Etat se retrouve à chaque fois dans l’obligation d’intervenir pour voler au secours des agriculteurs surtout en l’absence d’un dispositif d’assurance calamités agricoles (DACA). 

Proposé par la CNMA pour assurer une protection aux agriculteurs et aux éleveurs, contre notamment les risques de sécheresse et de propagation de maladies, le DACA qui sera prochainement lancé, selon le directeur général de la Caisse nationale de mutualité agricole (CNMA), Chérif Benhabiles, qui souhaite sa mise en œuvre avant la fin de l’année en cours. L’annonce a été faite le 9 novembre à l’occasion d’un séminaire dédié «aux solutions innovantes en assurance de biens et pertes d’exploitations subies par les opérateurs industriels». 

L’occasion pour le premier responsable de la CNMA de relever l’ampleur des pertes enregistrées par les agriculteurs en raison des incendies et de la sécheresse notamment.  M. Benhabiles appellera dans ce sillage au changement de paradigme dans la prise en charge de ces risques en jouant sur tout le dispositif d’amont en aval. Car, actuellement au moment où le secteur agricole est le plus exposé aux calamités, beaucoup reste à faire pour prendre en charge ce dossier de manière efficace. 

«L’assurance contre les calamités agricoles n’existe que par ce qu’on appelle l’assurance intégrale sur les céréales», notera M. Benhabiles pour qui il y a lieu d’assurer les conditions pour la réussite d’un tel dispositif. Ce qui retarde d’ailleurs le lancement de l’assurance sécheresse en dépit de l’obtention de l’autorisation de sa commercialisation. «Nous avons eu l’agrément pour l’assurance sécheresse mais nous ne pouvons la lancer dans les conditions actuelles», a expliqué M. Benhabiles. 

Le directeur général de la CNMA affichera, à l’occasion, la disponibilité  de la caisse d’élargir son intervention à travers d’autres secteurs. Il a annoncé dans ce cadre la mise sur le marché national d’une nouvelle police d’assurance couvrant les risques industriels. «Le principe de précaution et prévention des risques est devenu un élément à forte valeur ajoutée», a-t-il précisé, ajoutant : «Nous nous inscrivons dans une démarche de proximité avec nos assurés et partenaires stratégiques, afin de les aider à mettre à l’épreuve leur résilience face aux dangers au quotidien et à élaborer des stratégies efficaces de transfert et de gestion des risques.»  

Ce produit couvre à titre indicatif les pertes d’exploitation et les conséquences des interruptions de travail survenant après des dommages occasionnés aux matériels et machines de production. 

A travers cette solution, la CNMA s’engage ainsi à proposer des alternatives aux entreprises pour faire face aux charges, entre autres, le paiement des salaires des travailleurs durant une période de 18 à 24 mois.

 En matière de résultats de la caisse au cours de ces dernières années, le directeur des risques incendie et responsabilités à ce niveau, Rabah Mekircha, a fait part d’une très forte augmentation en l’espace d’une décennie de son chiffre d’affaires (CA), passant du simple au double entre 2012 et 2022. 

Alors qu’il était de 7,9 milliards de dinars en 2012, ce chiffre a atteint 13,6 milliards en 2022 avec un taux d’indemnisation estimé à 7 milliards de dinars. La CNMA arrive, faut-il le noter, en quatrième positon sur le marché des assurances avec une part de marché de 12%, toute assurance confondue, et 77% dans l’assurance agricole.

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