Alors que la guerre continue au Soudan : Les négociations entre les deux rivaux piétinent en Arabie Saoudite

09/05/2023 mis à jour: 05:14
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Le ministre des Affaires étrangères de l’Arabie Saoudite rencontre le représentant spécial du commandant de l’armée soudanaise, le général Abdul Fattah al-Burhan à Riyad, en Arabie Saoudite

Les pourparlers en Arabie saoudite entre les généraux soudanais en guerre n’ont pas débouché sur des «progrès majeurs» pour l’instant, a affirmé hier un diplomate saoudien, selon des propos recueillis par l’AFP.

«Aucun progrès majeur n’a été réalisé jusqu’à présent», a affirmé le diplomate sous couvert de l’anonymat. «Un cessez-le-feu permanent n’est pas à l’ordre du jour. Chaque partie pense qu’elle est capable de gagner la bataille», a-t-il observé. 

Le chef de l’armée soudanaise, Abdel Fattah Al-Burhan, et son rival Mohamed Hamdan Daglo, à la tête des forces paramilitaires de soutien rapide (RSF), ont dépêché samedi leurs représentants à Jeddah, en Arabie Saoudite  pour des négociations qualifiées de préliminaires par Washington et Ryadh. 

L’objectif est de parvenir à «un arrêt effectif à court terme» des hostilités, de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire, de rétablir les services essentiels, et d’établir «un calendrier de négociations élargies» visant à mettre fin au conflit de façon permanente, a affirmé lundi le ministère saoudien des Affaires étrangères dans un communiqué. 

Les deux parties ont commencé à «discuter des mesures de sécurité à prendre pour faciliter l’accès urgent à l’aide humanitaire et restaurer les services essentiels», a-t-il ajouté. Le responsable de l’ONU pour les affaires humanitaires, Martin Griffiths, est arrivé dimanche à Jeddah pour aborder «les questions humanitaires liées au Soudan», selon son porte-parole. Il a «demandé à participer aux négociations», mais sa demande n’a pas encore abouti, a affirmé un autre fonctionnaire de l’ONU  lui aussi requérant l’anonymat.
 

Incertitude

Plusieurs «cessez-le-feu» ont été violés dans les minutes suivant leur annonce depuis le début le 15 avril des hostilités au- Soudan. 

L’Arabie Saoudite a joué un rôle de premier plan dans les opérations d’évacuation du pays, transportant des milliers de civils depuis la ville côtière soudanaise de Port-Soudan vers Jeddah. 

Dimanche, le roi Salmane d’Arabie Saoudite et le prince héritier Mohammed Ben Salmane ont débloqué 100 millions de dollars (90,5 millions d’euros) pour fournir une aide médicale et soutenir les déplacés au Soudan, a rapporté l’agence de presse officielle saoudienne SPA. 

Lors d’une rencontre dimanche à Jeddah, le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, a remercié le prince Mohammed Ben Selmane «pour le soutien apporté par l’Arabie Saoudite aux citoyens américains pendant l’évacuation du Soudan», selon un communiqué de la Maison Blanche.

Les désaccords entre les deux rivaux Al-Burhane et Hemeti sur la restructuration de l’armée ont provoqué la confrontation du 15 avril. Al- Burhane souhaite l’unification des troupes dans deux ans. Le chef des RSF demande dix ans ou plus et demande le départ des islamistes de l’armée. Comme il refuse de surcroît de perdre son indépendance et réclame ainsi de se placer directement sous l’autorité du futur Premier ministre et non du patron de l’armée. 

En juin 2021, il s’est déjà exprimé contre l’intégration de ses FSR à l’armée et a observé qu’aborder le sujet «pourrait briser le pays», assumant publiquement son désaccord avec son chef, Al- Burhane, favorable à ce projet.

Cela dit, aucun des deux généraux ne peut se prétendre défendre la défense la démocratie dans ce pays de l’Afrique de l’est. 

Ils ont complices du général Omar Al-Béchir qu’ils ont fini par destituer en avril 2019. Ils ont pris une grande responsabilité dans des massacres  au Darfour, commis des exactions sur les manifestants contre le régime militaro-islamiste à Khartoum, mené le putsch d’octobre 2021 pour mettre fin au processus démocratique en cours jusque-là.

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