Alimentation en eau potable à Constantine : Des agglomérations à Ibn Badis ont soif

09/08/2023 mis à jour: 00:21
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Des pères de famille souffrent le martyre pour s’approvisionner en eau potable

Au moment où les autorités locales de la wilaya de Constantine annoncent en grande pompe la réalisation des réseaux et des projets d’alimentation en eau potable (AEP) un peu partout, de nombreuses zones abritant des centaines de familles souffrent toujours en silence. 

Parmi les régions concernées par ce déficit hydrique, notons des mechtas et des agglomérations dans la commune de Ibn Badis, connue par El Haria, où des habitants affirment avoir été jetés aux oubliettes par les responsables locaux. «C’est toute la commune qui est moins valorisée par les responsables, qui ont su manier les projecteurs des médias tout le temps braqués sur les inaugurations du wali et les réalisations achevées.

 La situation est inadmissible dans les mechtas isolées et loin des grandes villes. Malheureusement on a su détourner l’opinion publique de la souffrance des gens. Car, les responsables locaux doivent dévoiler ce qui ne marche pas, à la place de ce qu’ils ont réalisé», fulmine un habitant d’El Hambli, affirmant que jusqu’à présent aucun réseau d’assainissement, ni d’eau potable n’a été réalisé au niveau de leur agglomération. 

À la localité de Ben Yaâkoub, on parle également d’un projet en cours depuis deux ans. Il s’agit de la réalisation d’un réservoir et d’un réseau de raccordement jusqu’aux habitations. Aujourd’hui, aucun avancement considérable n’a été enregistré, privant des dizaines de foyers de cette eau potable. «Nous avons eu la promesse de la part des services de la direction des ressources en eau, chargée de la réalisation, pour la livraison et la mise en service de ce projet avant l’Aïd El Adha. 

Le projet est toujours en cours. Malheureusement, loin des yeux loin du cœur», révèle un des riverains. La liste est longue et chaque mechta a sa particularité. Citons comme autre exemple Khenaba, où des pères de famille souffrent le martyre pour s’approvisionner en eau potable. Selon le témoignage des concernés, il existe un réservoir qui a été réalisé depuis des années et situé à 800 mètres des maisons. Ce projet, ajoutent nos interlocuteurs, devrait être raccordé à un autre réservoir d’une capacité de 5000 m3, afin d’alimenter les habitants. 

Le même constat que les agglomérations précédentes, il n’y a eu aucun branchement et les travaux avancent à pas de tortue. Ces riverains soulignent qu’ils s’approvisionnaient en eau durant les années écoulées à partir d’un forage sur place. Mais une commission de la santé avait interdit l’utilisation de ces eaux polluées, suite à des analyses effectuées sur des prélèvements de ce forage. 

Par ailleurs, La situation est qualifiée d’inacceptable dans une autre localité. Il s’agit de «Eddakhla», située à l’entrée de la commune Ibn Badis. «Le projet du réseau en eau potable a été réalisé en 2021. 

Tout doit être refait à zéro. L’entreprise chargée de la réalisation a effectué des travaux bâclés, sans mettre en place des vannes et autres. 

À chaque fois les conduites éclatent, suite à l’écoulement d’eau après chaque opération d’alimentation. Imaginez la Seaco (Société de l’eau et de l’assainissement de Constantine) a refusé de réceptionner un tel projet bâclé», révèle à El watan un habitant des lieux et bien au fait du dossier. 

Ce déficit d’AEP n’est pas observé uniquement à Ibn Badis. D’ailleurs, dimanche dernier, les habitants de la localité de Aïn Bernaz, dans la commune de Aïn Abid ont organisé un mouvement de protestation, dénonçant leur calvaire quotidien.   

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