Aaprès la tournée du président américain au moyen-orient : Téhéran accuse Washington d’attiser les tensions dans la région

18/07/2022 mis à jour: 03:57
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L’Iran a accusé hier les Etats-Unis d’attiser les tensions au Moyen-Orient, au lendemain des propos du président américain, Joe Biden, qui a achevé la veille une tournée dans la région. Washington, «en essayant de créer des tensions dans la région a une fois de plus recouru à la politique de l’iranophobie et c’est raté», a réagi le porte-parole iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanani, dans un communiqué cité par l’AFP. 

«Ces fausses allégations sont conformes à la politique agitatrice (...) de Washington dans la région», a poursuivi le communiqué. Pour le diplomate iranien, il s’agit d’«un grand signe de la tromperie et de l’hypocrisie» des Etats-Unis car «ils ferment les yeux sur le régime sioniste (Israël, ndlr) en tant que (...) plus grand détenteur de l’arsenal d’armes nucléaires dans la région».


Dans un discours prononcé samedi à Jeddah, à l’ouest de l’Arabie Saoudite, lors d’un sommet réunissant les six membres du Conseil de coopération du Golfe (Arabie Saoudite, Emirats arabes unis, Qatar, Oman, Koweït, Bahreïn), ainsi que l’Egypte, la Jordanie et l’Irak, le président Biden a affirmé que les Etats-Unis ne «toléreraient pas qu’un pays essaie d’en dominer un autre dans la région au travers de renforcement militaire, d’incursion et/ou de menaces», en allusion à Téhéran. Il a également soutenu que son pays «ne se détournerait pas» du Moyen-Orient en laissant «un vide que pourraient remplir la Chine, la Russie ou l’Iran». 


L’Iran est accusé par les Etats-Unis et Israël d’utiliser des drones et des missiles pour attaquer les forces américaines et les navires liés à Israël dans le Golfe, afin de déstabiliser la région. En Israël, Joe Biden a signé jeudi avec le Premier ministre de l’Etat hébreu, Yaïr Lapid, la «Déclaration de Jérusalem sur le partenariat stratégique entre les Etats-Unis et Israël». Selon ce texte, les Etats-Unis «s’engagent à ne jamais permettre à l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire et à utiliser tous les éléments de leur puissance nationale pour s’en assurer». 


Un peu plus tard, le président iranien, Ebrahim Raïssi, a mis en garde Washington et ses alliés au Moyen-Orient contre toute tentative de déstabilisation dans la région. «Je déclare aux Américains et à leurs alliés régionaux que la nation iranienne n’acceptera aucune insécurité et crise dans la région», a-t-il indiqué dans un discours télévisé lors d’un déplacement dans l’ouest du pays. «Toute erreur dans cette région sera accueillie par une réponse ferme et regrettable», a-t-il prévenu. 


Poutine à Téhéran


Le président américain a entamé mercredi une tournée dans la région par une visite en Israël et dans les Territoires palestiniens conclue samedi en Arabie Saoudite. Mardi, le président russe, Vladimir Poutine, est attendu en Iran. A Téhéran, il participera à un sommet tripartite sur la Syrie avec le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et le président iranien, Ebrahim Raïssi. 


Ce déplacement intervient alors que les deux pays sont soumis à des sanctions occidentales. Moscou joue un rôle central dans l’application du pacte de 2015 sur le nucléaire iranien, notamment en recevant les tonnes d’uranium enrichi par Téhéran. Le président iranien s’est rendu en janvier à Moscou où il a rencontré son homologue et a présenté un plan visant à renforcer les relations entre les deux pays au cours des 20 prochaines années.
Lundi dernier, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, Jake Sullivan, a affirmé que les Etats-Unis disposaient de renseignements selon lesquels «le gouvernement iranien s’apprête à livrer à la Russie jusqu’à plusieurs centaines de drones, dont des appareils de combat, dans un délai très court». 

Ces informations indiquent aussi que la République islamique se prépare à former les forces russes au maniement de ces drones et les premières séances de formation devaient commencer dès début juillet, a-t-il ajouté. Il a observé néanmoins qu’il ignore si des drones ont déjà été livrés par Téhéran. 
 

Le lendemain, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Nasser Kanani, a réagi en affirmant qu’«aucun développement particulier» n’est intervenu dans la coopération technologique entre la Russie et son pays. Il a rappelé que la position de Téhéran est «claire et a été maintes fois exprimée officiellement». L’Iran, a-t-il dit, est contre la guerre en Ukraine et appelle à une «solution politique», tout en dénonçant l’origine de cette crise due, selon Téhéran, à la volonté d’expansion des Etats-Unis et de l’OTAN.

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