Usine Renault Algérie Production (RAP) : Redémarrage en perspective

04/07/2024 mis à jour: 09:28
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Photo : D. R.

Inaugurée en 2014, l'usine RAP, implantée sur 150 hectares à Oued Tlelat, près d'Oran, avait atteint une capacité de production de 72.000 véhicules (Clio, Symbol et Dacia Sandero) en 2017. Cependant, elle a connu un arrêt quasi total, consécutivement à la suspension de l'importation des kits SKD-CKD en 2020.

Autrefois « Symbole » d’une fructueuse collaboration entre l'Algérie et la France et porte-étendard de l’industrie automobile en Algérie, l'usine Renault, basée dans la région industrielle de Oued Tlelat à Oran, est aujourd’hui plongée dans une mise en veille alors que l'usine se tient prête à reprendre vie.

C’est dans ce sillage que le ministre Ali Aoun a reçu, lundi 24 juin, l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet. Selon un communiqué du ministère, M. Aoun a évoqué à cette occasion plusieurs questions liées au secteur de l'industrie en Algérie en particulier le devenir de l’usine Renault.

Le 18 mai dernier, le directeur général Renault Algérie Production, M. Remi Houillons, donnait de très bonnes nouvelles concernant le projet. Il avait déclaré néanmoins que «malgré les travaux réalisés en 2023 pour mettre l'usine en conformité avec le nouveau cahier des charges, Renault n'a toujours pas reçu son agrément des services du ministère de l'Industrie».

Et d'ajouter: «Avec déjà près de 15 milliards de dinars investis pour la réalisation de l'usine et des travaux de mise en conformité avec la législation en vigueur, Renault Algérie Production est prête à redémarrer et servir ses clients au plus vite». «Depuis 2020, l'usine peine à redémarrer », selon le même site, qui note que «seulement 2 500 Symbol sont sorties de l'usine l'an dernier (CKD/SKD)». «Il s'agit du seul modèle qui était fabriqué par Renault sur place».

Hichem Nacer Bey, directeur général de Renault Algérie, a souligné récemment que l'usine est prête à reprendre sa production, mais l'agrément se fait toujours attendre. La demande d'agrément a été déposée fin septembre de l'année dernière, mais l'autorisation demeure insaisissable.

Le site spécialisé Automobile-Magazine avait expliqué dans un article que le «problème de fond» est que la branche algérienne de Renault n'était pas imaginée à l'origine pour se passer des importations et des montages en kit (CKD et SKD), que le gouvernement algérien a suspendus, il y a quatre ans.

Ces démarches officielles, bien qu'elles soient de bon augure, imposeront certaines réflexions cruciales et légitimes. Combien de temps durera cette remise à niveau et quelle démarche sera proposée par l'usine pour s'aligner sur les attentes des responsables du secteur, axées sur une réelle industrialisation automobile ?

Une «mise en attente» certainement justifiée par le département de l’Industrie. Le 12 mai dernier, le ministre Ali Aoun, qui était l'invité du forum économique du quotidien El Moudjahid, a déclaré que l'usine de Renault Algérie gagnerait à être améliorée du point de vue technologique. En attendant, Renault Algérie est dans les starting-blocks et l’attente persiste…

 

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