Urgences chirurgicales du CHU de Constantine : Un projet de réfection pour une meilleure fonctionnalité

18/06/2023 mis à jour: 22:00
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Des malades se sont plaints des lenteurs en matière de prise en charge (photo: El Watan )

Les services des urgences, dont la mission est l’accueil des malades à toute heure, sont certainement l’élément emblématique de la mission de l’hôpital public. Ils représentent la première source de son activité qu’ils deviennent le miroir de tous les dysfonctionnements en milieu hospitalier. 

Entre les interminables attentes, et la qualité de la prise en charge, ces services et leur personnel sont pris en grippe par les malades. Tous égrènent un chapelet de griefs pour lesquels la stratégie de modernisation du système de santé est censée apporter des solutions. 

Au centre hospitalo-universitaire de Constantine (CHUC), les services des urgences essuient régulièrement des salves de critiques de la part des citoyens. A rappeler que la gestion de ces structures est l’un des axes de la réforme du secteur.  

Lors d’une réunion d’évaluation tenue, le 20 mars dernier avec les directeurs de santé de wilayas, le ministre de la Santé a émis des instructions à cet effet, insistant sur leur application en toute célérité. Abdelhak Saihi qui est revenu sur leur importance, car ce sont les premiers services à être sollicités par les malades. 

Leur mode de fonctionnement, est-il souligné, doit être efficace et pragmatique. La tutelle a ainsi décidé de la séparation du bâtiment des services des urgences du reste de l’établissement central. Aussi, qu’il ait ses propres points d’accès (entrée et sortie). Une indépendance qui permet de filtrer, prioriser les admissions et réduire les délais d’attente.
 

PRIORISATION DES CAS

Les services des urgences chirurgicales du CHUC ne cochent pas toutes les cases en termes de fonctionnalité. A l’inverse de celles médicales et pédiatriques, elles occupent des locaux éloignés et indépendants de la structure principale, sauf qu’ils ne sont pas adaptés à la nature des prestations. Un détail qui complique la mission des équipes médicales et paramédicales. Certains malades se sont plaints des lenteurs en matière de prise en charge. «Nous intervenons, selon l’urgence des cas, quand un accidenté évacué sur une civière est pris en charge en priorité par rapport à quelqu’un qui est venu pour une consultation», nous répond un médecin résident. 

Un de ces collègues fera remarquer que «dans tous les hôpitaux du monde, les urgences sont des services sous pression permanente en raison de l’affluence». Dans le hall, un panneau accroché au mur indique les délais d’attente. Pour les cas «très urgents», la prise en charge est immédiate ; pour ceux «urgents», le délai d’attente est de 30 minutes ; pour les «moins urgents» 60 minutes. Les personnes dont le problème n’est pas alarmant attendront 120 minutes. «Ce panneau ne reflète pas la réalité, nous avons attendu trop longtemps avant qu’on s’occupe de nous», nous dit un père de famille, quittant les lieux avec son fils, un plâtre au bras.

UNE STRUCTURE INADAPTÉE

Installé à la tête de l’établissement depuis quelques mois, Ahcène Berania nous a reçus entre deux réunions. Pour se conformer aux directives du ministère de tutelle, les services des urgences doivent être réaménagés. 

Ces derniers, équipés de deux appareils de radiologie, et de deux scanners, disposent d’unités d’orthopédie, neurologie, chirurgie viscérale, réanimation et de trois blocs opératoires. «Un projet de réfection à cet effet est déjà ficelé, il sera soumis incessamment à la commission habilitée pour approbation», a indiqué le directeur. Et de préciser qu’il s’est déjà réuni avec les responsables de ces services.

La structure en question est exiguë, en manque d’espace, inadaptée aux exigences sanitaires et aux critères de modernisation. «La partie basse sera entièrement réservée à la gestion du flux des malades, au tri et aux consultations. 

Ce qui se répercutera favorablement sur la fluidité des files et des délais d’attente, d’autant que le service est doté de tous les équipements et matériels nécessaires pour ce faire», explique notre interlocuteur, tout en mettant en avant l’impact de la numérisation sur l’amélioration du mode de fonctionnement. A ce propos, le taux de digitalisation du CHU est de 60%.
 

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