Tchad : N’Djamena salue le «départ définitif et complet» des soldats français

01/02/2025 mis à jour: 15:43
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Les autorités tchadiennes ont fini par exiger de la France de retirer ses troupes de ce pays

Ce départ, qui s'inscrit dans une politique de désengagement militaire de la France en Afrique, marque la fin d'une longue histoire remontant à l'arrivée des troupes coloniales françaises au Tchad en 1900, avec une présence militaire maintenue après la décolonisation en 1963.

 

Le président tchadien, Mahamat Idriss Deby, a salué hier le «départ définitif et complet» des forces françaises stationnées au Tchad au cours d'une cérémonie organisée à N'Djamena, rapporte l’AFP. Retrait qu’il a qualifié d’«historique» marquant aussi la fin de la présence française au Sahel. Une cérémonie militaire à huis clos a déjà entériné jeudi la rétrocession de la dernière base française au Tchad et au Sahel, celle du sergent-chef Adji Kossei, après un désengagement au pas de charge après la rupture surprise de l'accord de coopération militaire entre la France et le Tchad, fin novembre. «Nous ne rompons pas notre relation avec la France mais nous mettons un terme à la dimension militaire de cette coopération», a déclaré le chef de l'Etat devant des militaires tchadien et devant le corps diplomatique, sur la base où flottait le seul drapeau tchadien. 

Ce départ qui s'inscrit dans une politique de désengagement militaire de la France en Afrique, marque la fin d'une longue histoire remontant à l'arrivée des troupes coloniales françaises au Tchad en 1900, avec une présence militaire maintenue après la décolonisation en 1963. 

C'est un événement «exceptionnel», selon le maréchal Deby. «Nous devons construire une armée encore plus forte, mieux équipée et forger de nouvelles alliances basées sur le respect mutuel et sans perdre de vue les exigences de l'indépendance et de la souveraineté», a-t-il ajouté. Le personnel et matériel de combat ont été transférés en France, seuls restent sur place des conteneurs qui seront ramenés par voie terrestre et maritime par des prestataires privés, selon l'état major français. Le dernier avion français a décollé jeudi après-midi de la base de Kossei à 15h 50, selon les autorités tchadiennes.


«Attachement particulier»

Dans les rangs de militaires français, on évoque l'«attachement particulier» pour le Tchad, en rappelant que, «avec aucun autre pays d'Afrique, nous n'avons combattu autant côte à côte». Ce pays désertique et enclavé est le dernier point d'ancrage de la France au Sahel, où Paris a compté jusqu'à plus de 5000 militaires dans le cadre de l'opération antijihadiste Barkhane, stoppée fin novembre 2022. Depuis, quatre autres anciennes colonies françaises (le Niger, le Mali, la Centrafrique et le Burkina Faso) ont enjoint à Paris de retirer son armée de leurs territoires après des années de présence militaire

. Le Sénégal négocie lui aussi le départ de troupes françaises d'ici fin 2025. Le personnel français diminue parallèlement en Côte d'Ivoire et au Gabon, conformément à un plan de restructuration de la présence militaire française en Afrique de l'Ouest et centrale.
 

La base française de Djibouti, qui accueille 1500 personnes, n'est pas concernée par cette réduction de voilure, Paris voulant en faire un «point de projection  pour les missions» en Afrique, après le retrait de ses forces du Sahel.

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