Stationnement anarchique sur les trottoirs à Constantine : Un mépris flagrant pour les droits des piétons

09/06/2024 mis à jour: 04:19
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Le phénomène est observé un peu partout dans la ville

Au moment où les services de la sûreté de wilaya et ceux de la commune de Constantine luttent contre les parkings illicites, un autre phénomène prend de l’ampleur au su et au vu de toutes les autorités.

 Il s’agit du squat des trottoirs par les chauffeurs des véhicules devenu une réalité quotidienne voire une gangrène urbaine qui sape les fondements mêmes de la sécurité et du civisme. Malheureusement, ce phénomène est observé un peu partout dans la ville du Vieux Rocher. Notons, à titre d’exemple, la rue  Abderrahmane Benmeliek (ex-rue Pinget), dont une grande partie des trottoirs est occupée par les véhicules stationnés, non loin du siège de la sûreté de wilaya, situé dans le quartier du Coudiat. Face à l’inertie coupable des autorités locales, les piétons, relégués au rang de citoyens de seconde zone, se retrouvent livrés à eux-mêmes, confrontés à un parcours du combattant semé d’embûches et de dangers. 

Le même comportement a été observé également à l’avenue Aouati Mostefa, et ailleurs, provoquant la grogne des citoyens. Loin d’être une simple nuisance, il faut noter que ce phénomène constitue une violation flagrante des droits fondamentaux des piétons. Les trottoirs, conçus comme des espaces dédiés à leur circulation exclusive, se transforment en parcours d’obstacles, les contraignant à dévier sur la chaussée, les exposant ainsi à des risques accrus d’accidents. Personnes à mobilité réduite, parents avec poussettes, enfants scolarisés, tous sont victimes de cette appropriation illégale de l’espace public. «Outre le danger physique, le stationnement anarchique sur les trottoirs occasionne un préjudice moral considérable. Les piétons se voient privés du confort et de la sérénité qui devraient caractériser leurs déplacements. La marche, activité essentielle à la santé et au bien-être, se mue en une expérience stressante et éprouvante, rythmée par les klaxons et les échappements, une insulte à la dignité humaine», témoigne un habitant de la rue Benmeliek. 


Rue piétonne transformée en parking

La situation est encore plus grave le soir et durant les week-ends au niveau des piétonnières, à l’instar des rues du 19 Juin 1965 (ex-rue de France) et Didouche Mourad (ex-rue Caraman). En faisant un tour sur place, nous avons constaté que les véhicules des habitants eux-mêmes ont été stationnés des deux côtés sous les immeubles. «Ces gens ignorent que la circulation de ce nombre de véhicules sur une rue piétonne dégrade la chaussée. Un peu de marche de quelques mètres ne tue pas quand même», fulmine un des riverains. Et de poursuivre que même s’il est également question de conscience collective et du civisme, il est impératif que les pouvoirs publics assument leurs responsabilités en prenant des mesures concrètes pour enrayer ce fléau. 

Notre interlocuteur évoque l’intensification des contrôles, l’application rigoureuse des sanctions prévues par le code de la route, la mise en place de systèmes de dissuasion efficaces, tels que la pose de bornes ou de panneaux d’information qui s’avèrent indispensables pour rétablir l’ordre public et redonner aux piétons la place qui leur est due. Par ailleurs, le stationnement anarchique au niveau des deux côtés de la route et contrairement à ce que prévoit le plan de circulation est également signalé par autres résidents de la rue Larbi Ben M’hidi et Tatache Belkacem (ex-rue-Thiers).

 «Contrairement à la rue de France, la situation devient inadmissible dans notre quartier durant les jours de semaine, quand les employés viennent stationner ici et dans un axe pour visiter plusieurs sites touristiques. Sachant que seulement l’entrée de la rue est considérée comme un parking réglementaire agréé par les services de la commune. Le reste de ce quartier ne doit pas être squatté par les véhicules», a fait savoir un homme âgé rencontré à la rue Tatache Belkacem. De nombreux citoyens interrogés ont estimé que cette situation inacceptable sur le plan de la sécurité et du civisme exige une prise de position ferme et des mesures concrètes pour garantir aux piétons le libre usage de leurs trottoirs et améliorer l’image touristique de la ville altérée par le stationnement anarchique et dans chaque espace libre. 

Nos interlocuteurs étaient unanimes à appeler à restaurer impérativement l’ordre public sur nos trottoirs, de faire respecter les droits des piétons et de garantir à tous une ville apaisée et sûre.               

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