Le chef des paramilitaires soudanais, Mohamed Hamdane Daglo, a promis hier «d'expulser» l'armée de Khartoum, reconnaissant ainsi indirectement pour la première fois des revers face à l'armée soudanaise dans la capitale, rapporte l’AFP.
Le chef de l'armée soudanaise, le général Abdel Fattah Al-Burhane, a retrouvé dimanche son quartier général à Khartoum, qu'il a dû abandonner en août 2023 à ses rivaux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Dans une rare allocution vidéo hier, le général Daglo, dit «Hemedti», a exhorté ses troupes à «ne pas penser que l'armée est entrée dans le commandement général ou dans le corps des transmissions (...) ou a pris le contrôle d'Al-Jaili (une raffinerie de pétrole) ou de Wad Madani», au sud de Khartoum.
La semaine dernière, les FSR ont assuré que les déclarations de l'armée annonçant avoir brisé le siège et pris le contrôle de la raffinerie de pétrole de Al-Jaili, la plus grande du pays, au nord de Khartoum, étaient des rumeurs destinées à tromper l'opinion publique. Mais vendredi, Hemedti a promis à ses combattants que l'armée «ne profiterait pas longtemps du siège du commandement général, ni de celui du corps des transmissions». «Nous devons réfléchir à ce que nous avons l'intention de prendre», a-t-il dit.
Le général Al-Burhane, ancien allié de Daglo, a rendu visite dimanche à ses troupes au commandement général des forces armées. «Nous les avons expulsés (de Khartoum) et nous les expulserons à nouveau», a déclaré hier le chef des FSR, dans une vidéo. Daglo ne s'est pas montré pendant la majeure partie de la guerre qui a débuté en avril 2023 et ses rares discours étaient généralement des messages vocaux sur les réseaux sociaux. Au début de la guerre, ses troupes ont conquis une grande partie de Khartoum et progressé vers le sud, s'emparant de l'Etat agricole d'Al Jazira et de sa capitale stratégique, Wad Madani, que l'armée a repris ce mois-ci.
L'armée a depuis lancé une offensive sur Khartoum, s'introduisant dans Bahri (Khartoum Nord), contrôlé par les FSR, l'un des trois districts qui composent la capitale en plus du centre de Khartoum et d'Omdurman de l'autre côté du Nil. Selon une source militaire, les combats se poursuivaient vendredi pour le quartier de Kafouri, l'un des derniers bastions des FSR dans l'est de Bahri. «Aujourd'hui, à Bahri, il y a quatre batailles», a déclaré Hemedti dans son discours, promettant la victoire à ses troupes. La guerre au Soudan a fait des dizaines de milliers de morts, déraciné plus de 12 millions de personnes et poussé des millions d'autres au bord de la famine.
En janvier, les Etats-Unis ont sanctionné Hemedti et Al-Burhane, accusant le premier de génocide et le second d'avoir attaqué des écoles, des marchés et des hôpitaux, ainsi que d'avoir utilisé la privation de nourriture comme arme de guerre.