Schéma national d’aménagement des territoires : Nouvelle stratégie pour repeupler les zones frontalières

11/05/2023 mis à jour: 00:14
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Photo : D. R.

Le Schéma national de l’aménagement des territoires (Snat) accorde une importance capitale aux zones frontalières, qui ont bénéficié d’une aide de l’Etat dans le cadre du soutien aux zones d’ombre. Il y aura bientôt un nouveau programme de développement économique de ces territoires, annonce Madjid Saâda,  directeur général de l’aménagement et de l’attractivité des territoires au ministère de l’Intérieur.

Haro sur le développement et l’aménagement des zones frontalières. Ces espaces, qui représentent près de 39% de l’ensemble du territoire, font aujourd’hui l’objet d’une attention particulière des pouvoirs publics qui travaillent à repeupler ces territoires en mettant en place une nouvelle stratégie afin que ces zones soient attractives pour les populations. C’est, en tout cas, ce qu’a expliqué, hier, Madjid Saâda, directeur général de l’aménagement et de l’attractivité des territoires au ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, dans une intervention médiatique à la radio algérienne.

Le fait est aujourd’hui que ces zones ne sont occupées que par 2% de la population. Aussi un programme a-t-il été tracé, se basant sur quelques lignes directrices, telles que la durabilité de la ressource, le rééquilibrage territorial, l’équité territoriale, l’attractivité des territoires. «Le Schéma national de l’aménagement des territoires accorde une importance capitale à ces espaces qu’il faut repeupler. Ces espaces ont bénéficié d’une aide de l’Etat dans le cadre du soutien aux zones d’ombre pour le développement social. Mais il y aura bientôt un nouveau programme de développement économique de ces espaces», a ainsi expliqué M. Saâda, précisant que des plans de développement de ces régions «hautement stratégiques et sensibles pour le pays» ont été mis en œuvre dans le cadre du nouveau Schéma national d’aménagement des territoires (Snat).

«Projet intégrateur et intégré»

Il faut souligner, à ce propos, que l’Algérie dispose de pas moins de 6 385 kilomètres de frontières terrestres avec 7 pays. S’étalant sur 16 wilayas frontalières et 57 communes. «Ces communes éprouvent des difficultés de par leur éloignement géographique des grandes villes et des zones de développement. C’est la raison pour laquelle le Snat a défini 9 zones frontalières qui font actuellement l’objet d’une étude de l’aménagement du territoire de ces espaces, en se basant sur un diagnostic global des potentialités», affirme-t-il, insistant sur le fait qu’il s’agit là d’un «projet intégrateur et intégré» visant à créer de la richesse et de l’emploi dans ces espaces. «Ces régions ont bénéficié, dans le cadre de développement des zones d’ombre, de projets structurants, il faut maintenant les accompagner sur le plan économique», martèle-t-il.

L’actualisation du Snat devra ainsi se faire en concertation avec les entrepreneurs et les acteurs de la société civile. Cela permettra, d’après l’invité de la Chaîne III, de participer à l’amélioration des conditions de vie de la population ainsi qu’au contrôle de ces zones connues pour être sensibles aux flux migratoires.

L’objectif est de stabiliser les populations en renforçant le développement socioéconomique, la création d’une micro-zone d’activité, l’accompagnement de jeunes diplômés porteurs de projets en matière de développement ainsi que l’inscription de ces zones dans les marchés internationaux. «Il y a un marché africain permettant une ouverture sur l’Afrique subsaharienne, qui mérite d’être développé», glisse Madjid  Saâda, qui ne manque pas de mettre le doigt sur l’enjeu sécuritaire de l’aménagement des zones frontalières.

«Le meilleur moyen pour sécuriser ces territoires est de faire en sorte que la population reste en place. Pour cela, il est primordial d’améliorer les conditions de vie dans ces zones et d’y créer de la richesse», résume-t-il. 

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