Reboisement : Lancement de l’initiative «Un arbre, une ombre»

08/09/2022 mis à jour: 00:11
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Le développement des activités agricoles, le réchauffement climatique, le gaspillage ou la surexploitation des nappes phréatiques figurent parmi les principaux facteurs qui menacent les ressources hydriques de la planète. L’eau devient une denrée rare et l’économiser devient essentiel. C’est pourquoi, récupérer l’eau de pluie et la rentabiliser s’avère un geste à la fois écologique et économique. 

 

L’initiative sera ouverte au grand public et à toute bonne volonté souhaitant y prendre part», affirme Mourad Ahmim, enseignant chercheur en écologie et environnement à l’université de Béjaïa et initiateur du projet. ‘’Un arbre, une ombre’’ est donc une initiative citoyenne réfléchie, guidée et orientée par des spécialistes qui seront à l’écoute de tout citoyen qui veut planter et entretenir son plant. 

D’ailleurs, M. Ahmim confie que l’idée a germé suite à une observation fortuite faite en ville. A de nombreuses reprises, cet été, le chercheur dit avoir aperçu des groupes de personnes et parfois même des animaux s’agglutiner sous l’ombre d’un arbre. Lui vient alors l’idée d’inciter les gens à planter des arbres en raison de leur importance en tant que générateurs d’ombre tout en tenant compte des différents avantages qu’ils offrent en tant qu’écosystème complet à eux seuls. «On s’est donc mis d’accord avec des amis et surtout avec mes étudiants pour lancer une initiative incitant les gens à planter des arbres en masse afin d’avoir de l’ombre et aussi pour avoir une ambiance moins chaude avec les mouvements des feuilles», ajoute-t-il. 

D’ailleurs, le chercheur assure que le projet préconise de planter des feuillus, c’est-à-dire des arbres à feuilles tels que le peuplier, le platane, le frêne, l’aulne et non des résineux qui sont des arbres à aiguilles. «La liste des espèces que l’on conseillera de planter sera présentée sur le site web avec des photos de chaque espèce, ses exigences et ses particularités», rassure le spécialiste. Toutefois, à chaque région son type d’arbre, et ce, en fonction de ses conditions climatiques, édaphiques et autres différents d’une région à une autre. A cet effet, M. Ahmim explique que le citoyen sera libre de proposer l’espèce qu’il veut planter et sera orienté et conseillé par nos initiateurs. 

Et si l’espèce qu’il désire ne convient pas à sa région, il sera conseillé. «Nous planterons en priorité nos espèces autochtones et éventuellement les espèces qui ont déjà été introduites et acclimatées comme le Moringa et le Paulownia qui donnent de bons résultats. On ne préconise pas de faire des introductions et on demandera toujours conseil aux spécialistes, qui sûrement vont adhérer à notre initiative», précise-t-il. Cette initiative aura un seul mot d’ordre et reposera principalement sur l’entretien. A cet effet, M. Ahmim explique : «Il faut savoir que cette initiative n’exige pas de gros moyens. 

Après avoir planté son arbre, le citoyen n’aura qu’à l’arroser et éventuellement procéder à un apport en engrais de temps en temps.» Le chercheur assure également qu’il ne s’agit pas de planter pour planter et abandonner par la suite : «Un arbre a besoin d’entretien. Si on plante et qu’on n’arrose pas jusqu’à ce que le plant soit en mesure de résister et continuer à pousser seul, c’est comme si on n’a rien fait». Le chercheur ajoute que le but est de ne pas sombrer et tomber dans les propositions utopiques et non réalisables telles que planter des millions d’arbres en une année. «Nous tablons sur la bonne volonté des personnes qui vont participer avec leurs propres moyens. Car les grandes campagnes de reboisements ou de plantations doivent être bien réfléchies. Notre initiative est donc citoyenne par excellence et repose sur les bonnes volontés. 

On veut des gens qui plantent et qui entretiennent leurs plantations». Et pour que justement le projet soit bien encadré, un site web, en dialecte algérien, est en cours de construction. Sur celui-ci, des vidéos explicatives sur la vie l’arbre, comment le planter, quand le planter, où le planter et comment l’entretenir seront injectées. Une rubrique dédiée aux questions des citoyens sera également accessible. Les initiateurs du projet, à savoir les étudiants en sciences biologiques et en agronomie, encadrés et conseillés par des enseignants et des spécialistes, répondront aux questions du citoyen. 

Alors que les feux de forêt ont ravagé, ces dernières années, une bonne partie du couvert végétal du pays, M. Ahmim estime que cette initiative sera d’un apport considérable en matière de plantation, surtout que l’opération se fera là où le citoyen juge qu’il faut planter. Bien que les initiateurs du projet participeront également à la plantation chacun de son côté, ils ne seront plus là pour aider et orienter les citoyens qui vont planter. Finalement, l’initiative ‘’Un arbre, une ombre’’ n’aura pas l’aspect d’une journée de plantation conventionnelle. «On compte laisser la libre initiative au citoyen de planter et de prendre attache avec nous pour toute forme d’aide et d’orientation. 

Etant donné que l’opération s’étalera au moins sur trois années, une base de données avec un suivi de la réussite de la plantation de chaque plant sera établie. A noter que des sessions de sensibilisation seront délivrées via le site web ou le réseau social sous forme de témoignages par les citoyens et de conseils et orientations par les initiateurs.  
 

 

 

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