Publication : L’histoire locale vue sous un autre angle

12/12/2023 mis à jour: 02:17
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Etude micro-historique des villages du versant sud du massif du Djurdjura à l’époque ottomane et au début de la colonisation française aux XVIIIe et XIXe siècles est le nouvel ouvrage en arabe de l’historienne Thiziri Demmouche, paru aux éditions Imal. 

Comme le suggère le titre, la jeune historienne emploie, pour la première fois, la méthodologie de la micro-histoire, qui a émergé en Italie durant les années 1970. Cette approche se concentre sur des groupes plus restreints ou même des individus, contrairement aux méthodes classiques, qui examinent des masses plus importantes ou des classes sociales. L’étude tourne autour de la tribu des Ath Kani, qui, selon l’autrice, comprend l’actuelle commune d’Aghbalou, dans le nord-est de la wilaya de Bouira. 

La chercheuse a consacré deux années de recherches méticuleuses à la réalisation de cet ouvrage. Le voyage a sans doute été éprouvant, car elle a recueilli de nombreux témoignages oraux des personnes âgés de la région. 

«Après la collecte d’un nombre important de témoignages, je les ai soumis à ce que l’on appelle l’analyse documentaire. En outre, je me suis appuyé, avec prudence, sur les quelques ouvrages laissés par d’anciens historiens ayant évoqué de près ou de loin la tribu des Ath Kani, tels que les travaux de Guy de Miribel, Joseph Nil Robin, Adolph Hanotaux, Charles Devaux, etc., ainsi qu’une archive datant de l’époque ottomane», explique la chercheuse. 

Par ailleurs, des travaux d’historiens et de sociologues contemporains, à l’instar de Mohand Arezki Ferad, Alain Mahé, Hamid Laouchedi et autres, ont été aussi exploités. «J’espère que cette modeste contribution apportera une valeur ajoutée aux études historiques en Algérie, notamment avec la nouvelle approche de micro-histoire», estime notre interlocutrice. La chercheuse se penche actuellement sur un autre ouvrage historique, et cette fois-ci en tamazight. 

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