Protéger les tortues marines pour limiter la prolifération des méduses

08/09/2022 mis à jour: 21:11
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Lors de l’expédition med 2013, à laquelle j’ai participé en tant que plongeur et caméraman, un protocole scientifique d’étude de la méduse rouge pélagique (pelagia noctiluca) en collaboration avec l’université de Bruxelles et sous le pilotage d’un jeune scientifique britannique a permis d’individualiser le cycle de reproduction de migration et de remontée nocturne de cette espèce », confie Émir Berkane, Président de la fondation Probiom pour la protection de la biodiversité marine. 

Selon lui, l’étude a démontré cette prolifération et le dérèglement des cycles de migration et de reproduction. « Lors des opérations de comptage nocturne ce sont des essaims de milliers d’individus qui étaient observés par notre équipe », ajoute-il. Pour le spécialiste, l’un des principaux facteurs de cette prolifération c’est la réduction drastique des populations de leur principal prédateur qui est la tortue marine

« Deux espèces, à savoir les couennes et les luths ont été observées en Algérie parmi les cinq espèces présentes en Méditerranée. Une étude de l’icat a malheureusement comptabilisé un nombre d’échouage et de prises accidentelles en hausse », se désole M. Berkane. « Ces tortues victimes de la pression anthropique (pollution, destruction de l’habitat, envasement) mais aussi de prises accidentelles par des outils de pèches autorisés et non autorisés et enfin le péril plastique sur lequel nous œuvrons et travaillons à la fondation Probiom pour la protection de la biodiversité marine depuis 2012 et dont nous avons été les premiers à alerter voient le nombre décroître d’année en année ce qui dérègle la chaîne alimentaire en entier », se désole encore le spécialiste. 

Précisant que le réchauffement global et en Méditerranée est à l’origine du phénomène de gélification avec les plastiques macro et micro que les tortues et autres prédateurs confondent avec les méduses justement causent le gros des asphyxies occlusions intestinales et donc les échouages des tortues, dauphins et cétacés.

 Par ailleurs, M. Berkane assure que le projet Accobams pour la protection des cétacés dauphins et tortues et dont l’Algérie et signataire devrait accueillir dans les prochaines semaines l’adhésion de la fondation Probiom et de ses partenaires pour une collaboration scientifique et logistique toujours sous la coupe du ministère de la pèche.« La problématique de la protection des tortues sur laquelle travaille le professeur Samir Grimes, président de la commission biodiversité à la fondation, proposera de nouveau son plan de 14 réserves marines protégées soit une par wilaya côtière et la prise en main effective de la gestion de ces sanctuaires avec une stratégie de gestion tripartite (gouvernement - professionnels de la pêche - société civile) mais qui ne se fera pas sans l’injection des bailleurs de fonds internationaux et du gouvernement d’un véritable fond pour la gestion de ces futures aires marines protégées », confie M. Berkane. 

Précisant que la gestion des amp doivent être repensées avec les ministères de l’environnement, de la pèche, de la direction générale des forêts, du commissariat national du littoral avec la société civile qui, via les associations et clubs de plongée affiliés à la fédération de plongée, sont les seuls à posséder les moyens humains et logistiques d’une gestion concertée avec les professionnels de la pêche. « Sans ces amp et ces sanctuaires pour les tortues et autres prédateurs, nos mers s’appauvriront et la pression sur la pêche s’accroîtra et par ricochet le prix des produits de la mer sur le consommateur », prévient M. Berkane.

 

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