Près de 1500 morts sur les routes en cinq mois : Un bilan de guerre

10/07/2024 mis à jour: 09:50
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Photo : D. R.

Les jeunes ont été à l’origine de pas moins de 4252 accidents (30%) et les détenteurs de permis de conduire de moins de cinq ans ont causé 5767 accidents (41,92%).

C’est un véritable bilan de guerre. Les accidents de la route enregistrés durant les cinq premiers mois de l’année ont fait près de 1500 morts et plus de 14 000 blessés. Ce chiffre effarant et effrayant a été communiqué par le responsable de la Délégation nationale à la sécurité routière (DNSR), Ahmed Naït El Hocine.

Invité du forum du quotidien public El Moudjahid, il affirme que la DNSR a enregistré 11 162 accidents de la route ayant fait 1446 morts et 14 852 blessés entre janvier et mai 2024. Selon lui, le nombre d’accidents de la circulation a augmenté de 7,10% par rapport à la même période de l’année dernière, alors que celui des morts a connu une hausse de 2,99%. La wilaya d’Oran, indique-t-il, arrive en tête en termes de nombre d’accidents et de victimes avec 512 accidents et 69 morts, suivie d’Alger avec 496 accidents et 65 décès.

Poursuivant, Ahmed Naït El Hocine précise que les jeunes ont été à l’origine de pas moins de 4252 accidents (30%) et les détenteurs de permis de conduire de moins de cinq ans ont causé 5767 accidents (41,92%).

Revenant sur les facteurs ayant contribué à ces accidents de la route, M. Naït El Hocine a cité «le manque de vigilance, l’excès de vitesse des conducteurs et le non-respect des passages piétons». Il réaffirme, à cet égard, «l’importance de la formation et de la participation des auto-écoles aux efforts de l’Etat visant à réduire les accidents de la route et leurs conséquences».

Le chiffre concernant les victimes des accidents de la route représente presque la moitié de celui enregistré par la DNSR durant l’année écoulée. En effet, en 2023, la délégation nationale à la sécurité routière a enregistré 24 751 accidents de la circulation, ayant causé 33 995 blessés et 3628 morts.

En communiquant ce bilan en mars dernier, Ahmed Naït El Hocine avait affirmé qu’il est devenu «nécessaire de revoir certaines dispositions du code de la route pour nous permettre de mieux assurer nos missions». «Il est notamment question du durcissement de la loi dans le sens de la criminalisation de certaines infractions qui étaient en 4e classe, notamment les grands excès de vitesse et les manœuvres dangereuses délibérées mettant en danger la vie d’autrui.»

Où se situe la faille ?

Comme chaque année, le débat sur l’ampleur des dégâts humains et matériels engendrés par les accidents de la circulation refait surface. Le premier incriminé est l’élément humain. Tous les rapports des services de sécurité pointent, en effet, du doigt les conducteurs qui, selon eux, sont à l’origine des accidents les plus mortels.

Les chauffeurs de bus et des poids lourds sont désignés, aussi, comme étant les principaux responsables de l’hécatombe. En conséquence, plusieurs mesures ont été prises, ces derniers temps, pour réduire l’ampleur de la catastrophe. En plus du durcissement des sanctions, les autorités ont également exigé des contrôles périodiques de l’état des bus et des camions.

A cela s’ajoute l’exigence de deux chauffeurs pour les bus assurant le transport de voyageurs sur les longues distances. Le code de la route, amendé en 2022, a durci également les sanctions pour les excès de vitesse, en augmentant les amendes financières, avec cependant la suspension des retraits du permis. Mais en vain. Il semble que le mal est trop profond.

Certains incriminent aussi les auto-écoles qui, selon eux, n’assurent pas la formation nécessaire pour les nouveaux candidats à l’obtention du permis de conduire. D’autres, pareillement, plaident pour l’institution du permis à points, comme une des solutions,devant contraindre les chauffeurs à changer leurs comportements sur les routes.

Ce projet était en préparation, avant d’être «oublié» par les autorités qui ne l’évoquent plus. En tout cas, le diagnostic n’est pas complet. Si les autorités et les services de sécurité axent, particulièrement, sur le facteur humain et la formation, les usagers de la route dénoncent, pour leur part, l’état des routes et des autoroutes, ainsi que les embouteillages permanents qui influent également sur le comportement des chauffeurs, mais aussi sur les performances des véhicules qui se dégradent rapidement. La problématique est très complexe. Des études approfondies pour la comprendre et des mesures concrètes en vue de la traiter s’imposent, et de façon urgente…

Généralisation du permis de conduire biométrique

Le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire a indiqué, hier dans un communiqué, que la dernière phase de la généralisation de la délivrance du permis de conduire biométrique à travers toutes les communes du pays avait débuté le 5 juillet.

«Conformément aux instructions du président de la République pour le parachèvement des différents chantiers de modernisation, le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire informe les citoyennes et les citoyens que la dernière phase de la généralisation de la délivrance du permis de conduire biométrique a débuté le 5 juillet à travers toutes les communes du pays, après avoir été limitée aux communes chefs-lieux de wilaya depuis 2019, puis aux communes chefs-lieux de daïras depuis décembre 2023», précise le communiqué.

Aussi, «toutes les communes du pays prennent en charge la délivrance des permis de conduire biométriques, conformément aux conditions légales en vigueur, que ce soit pour les primo-demandeurs de permis ou pour les demandes de renouvellement des permis de conduire classiques arrivés à expiration, ainsi que pour l’ajout de nouvelles catégories sur le permis de conduire, sachant que les permis de conduire classiques restent valides jusqu’à leur expiration», ajoute la même source. «A ce jour, plus de quatre millions et demi (4 545 000) de permis de conduire biométriques ont été délivrés», rappelle le communiqué. 

 


 

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