Parution. Les pharmacies de la résistance de Mohamed Damerdji : Le médical ou l’important apport à la Guerre de libération nationale

06/06/2024 mis à jour: 02:15
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Acteur et témoin dans le réseau de santé lors de la glorieuse Guerre de libération nationale, Mohamed Damerdji est l’auteur de l’ouvrage intitulé Les pharmacies de la résistance, 
paru chez les éditions Dahlab.

 

Le titre de ce corpus à travers lequel l’auteur déroule son parcours révolutionnaire de 1956 à l’Indépendance est riche en témoignages historiques, que cela soit à travers son apport personnalisé des faits qu’il a vécus ou des propos récoltés de ses compagnons de lutte. Grâce à sa persévérance et son ambition de vouloir apporter son éclairage pour la postérité, sur un des axes importants de la révolution, l’auteur a réussi le pari de faire paraître ce qui lui tenait à cœur : écrire un ouvrage à travers lequel il présente le rôle des pharmacies dans la résistance, jusque-là méconnu. 

Des années durant après l’Indépendance, l’auteur ne ménage aucun effort pour rassembler des témoignages qui, faut-il le souligner, demeurent un matériau important à l’écriture de l’histoire de la révolution algérienne. D’emblée, et pour mettre le lecteur au parfum de la somme d’opérations liées à l’acte de résistance, celles liées au réseau de la santé, lequel réseau a grandement contribué au soutien de la révolution algérienne, Mohamed Damerdji dira en substance que la mission qui lui était assignée se résumait dans «la collecte, le ravitaillement, le transport de médicaments et la collecte de fonds», rôle qui était loin d’être une sinécure.

 Le narrateur, âgé de 89 ans, avait pris tout son temps pour réunir le maximum d’éléments de nature à constituer un fonds documentaire appréciable (écrits, témoignage, photos…), et ce, en sus des rencontre et conférences animées ici et là par des acteurs de la révolution. Scindé en cinq parties, l’ouvrage plonge le lecteur dans les premiers chapitres consacrés aux lieux du vécu de l’auteur, son intégration dans le domaine de la pharmacie et l’éveil patriotique.

 La seconde partie est dédiée à son adhésion au FLN, puis son engagement avec le chahid Ahmed Chaib (de son vrai nom Rouibi) dit «Loghrab» qui véhiculait, écrit l’auteur, de grandes valeurs et le rôle prépondérant joué par la grande mosquée d’Alger quant à la collecte et le stockage des médicaments, avant d’atterrir dans les wilayas III et IV ainsi que la  ZAA. Au-delà des chapitres ayant trait aux actions de militantisme de certains acteurs, leur arrestation, suivie de leur incarcération, l’auteur évoque avec force détails, l’important «rôle des pharmacies» en signe de résistance et de «soutien aux maquisards de la révolution» et  l’organisation du réseau de santé qui a commencé à gagner du terrain», et ce, grâce à «l’apport déterminant des médecins et étudiants en médecine qui ont rejoint les djebels, suite à la grève du 19 Mai 1956». 

Mohamed Damerdji étaie son texte en s’appuyant sur une foultitude de témoignage de certains préparateurs en pharmacie qui exerçaient dans des officines à La Casbah, notamment, dont les frères Mohamed Kheloui, Ahmed Kouar, Abdelkader Souaber et autres Mohamed Chibani et Saïd Ammour pour ne citer que ceux-là.

  En somme, outre le volet politico-militaire fondamental, il va sans dire, il subsiste le côté civil qu’il s’agit, selon l’auteur «de mettre en relief dans la cause nationale anti-coloniale, comme la collecte des fonds, la boîte aux lettres, les renseignements, le refuge, l’agent de liaison ainsi que la logistique, surtout le corps médical, indispensable dans la prise en charge des soins (…) des combattants au milieu urbain et dans les maquis». 

Cela rentre, bien entendu, dans la sauvegarde de la mémoire collective de notre histoire.
 

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