M’kira (Tizi Ouzou) : Les villageois s’opposent à la reprise de la carrière

22/01/2024 mis à jour: 21:01
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Cette carrière est décriée en raison de sa proximité des zones d’habitation - Photo : D. R.

L’APC et la direction de l’environnement ont toujours émis des avis défavorables quant à l’exploitation de cette carrière.

La carrière de tuf de Bouaita, dans la commune de M’kira, à l’extrême ouest de Tizi Ouzou, fait à nouveau parler d’elle. Après six ans de cessation d’activité, les exploitants de la carrière ont tenté ces derniers jours de reprendre leur business. Mais leur tentative a buté, encore une fois, sur une farouche opposition des habitants des villages avoisinants déterminés à défendre leur environnement tant malmené par les bulldozers, disent-ils.

Plus question pour eux de subir encore les effets néfastes de l’extraction de tuf et des va-et-vient des camions de gros tonnage. «Les exploitants ont fait venir plusieurs engins, ils n’ont aucune autorisation à reprendre du service. Les autorités locales ainsi que la direction de l’environnement ont toujours émis des avis défavorables quant à l’exploitation de cette carrière», explique un habitant de Yamouren, assimilant ce gisement de tuf à une usine de production de poussière à ciel ouvert.

L’APC étant gelée depuis septembre dernier, les villageois soumettent leurs doléances au chef de daïra, mais les choses ne semblent pas fonctionner comme avant, a-t-on indiqué. «Cette carrière est située à l’intérieur du nouveau PDAU qui attend d’être approuvé depuis 2016. Elle se trouve dans un terrain domanial où nous avions proposé la réalisation de plusieurs équipements publics», précise Rabah Aichouche, vice-P/APC avant le blocage de l’assemblée.

Il affirme qu’une commission multisectorielle s’est dépêchée la semaine dernière sur les lieux, soulignant que la quasi-totalité de ses membres se sont opposés à la reprise de la carrière en raison de sa proximité des habitations et les dégâts causés à l’environnement. «Cette carrière se trouve à 150 m d’une école qui remonte à 1889. Beaucoup d’enfants qui y étaient scolarisés avant 2017 ont des problèmes respiratoires.  Les exploitants n’ont pas respecté le cahier des charges.

Ils ont extrait plus qu’il faut de feldspath et dépassé les limites du terrain figurant dans le titre minier. Pis encore, aucune opération de reboisement n’a été menée dans le site», dénonce un villageois. La semaine passée, le retour des pelleteuses et des camions a été vu comme une énième provocation par les habitants. Il a fallu que ces engins repartent pour que la situation revienne à la normale. A rappeler que cette carrière de tuf a fait couler beaucoup d’encre ces dernières années.

En 2018, plusieurs villageois ont été poursuivis puis condamnés par la justice à des peines de prison suite à une plainte de Sarl Tufeal, l’entreprise exploitant la carrière. Pour défendre «leur business», les responsables de cette dernière ont affirmé que leur titre minier court jusqu’à 2025. En 2017, ils ont déclaré que la carrière employait 22 personnes sur le site et alimentait plusieurs unités de transformation et de fabrication de matériaux et de biens à base d’argile à l’échelle nationale. Mais l’impôt est versé ailleurs, s’indignent des villageois qui précisent avoir gagné que de la poussière. 


 

 

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