M’Chedallah (Bouira) : Des ressources hydriques peu valorisées

02/07/2023 mis à jour: 02:47
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29 retenues collinaires sont exploitées sur les 35 que compte la wilaya - Photo : D. R.

Des militants associatifs avaient soumis, il y a des années, un projet  visant la réalisation de bassins de drainage et de décantation le long de l’oued Aghbalou, au niveau de plusieurs points mais cette proposition est restée sans suite.

La wilaya de Bouira regorge de ressources hydriques. Ce sont généralement des eaux résultant de la fonte des neiges ou des épisodes pluvieux. Cependant, des millions de mètres cubes de cette ressource se perdent dans la nature chaque année, notamment dans les communes de la daïra de M’Chedallah, à l’est de la wilaya. C’est le cas des deux rivières Iwaquren et Aghbalou qui prennent naissance des hauteurs du versant sud de la chaine montagneuse du Djurdjura.

Les fortes et abondantes pluies qui se sont abattues sur la région pendant plusieurs jours durant la première moitié de juin, leur ont redonné vie. Malheureusement, la précieuse ressource hydrique n’est pas exploitée.

Les eaux qui coulaient à flot ont fini dans le pollué Oued Sahel. Auparavant, tout un réseau de rigoles alimentées par les deux oueds, ont été réalisé grâce à d’énormes efforts fournies par la population locale. L’ouvrage hydraulique permettait une disponibilité de la ressource hydrique et aussi son partage à des fins d’irrigation, notamment des vergers et oliveraies.

Au fil des années, ledit réseau avait rétrécit et à tendance à disparaitre à cause de l’anarchie urbanistique. Les quelques sporadiques initiatives visant sa réhabilitation ont toutes échoué. Cela n’a pas empêché des associations à proposer d’autres projets et solutions pour récupérer une partie des eaux ruisselantes.  C’est le cas de l’association Tazmmurt de la commune d’Aghbalou.

Ses membres avaient soumis, il y a des années, un projet visant la réalisation de bassins de drainage et de décantation sur plusieurs points dans l’oued Aghbalou, mais cette proposition est restée sans suite. «Ce sont les deux communes d’Aghbalou et de Chorfa qui seront bénéficiaires, notamment pour un usage agricole. Malheureusement, la proposition est restée sans suite», déplore Djamel Bellal, membre actif de Tazemmurt, initiateur du projet.

Notre interlocuteur estime que le projet proposé est réalisable à condition d’y mettre les moyens nécessaires. «Durant les années 1970, un grand lac de 500 mètres de longueur et d’une quarantaine de mètres de largeur, s’est formé suite à un éboulement. Toute la région avait bénéficié des eaux retenues jusqu’au début de l’année 1980, lorsque les cures ont tout emporté. Avec l’introduction des nouvelles techniques, nous pouvons réaliser des ouvrages solides dans nos rivières pour retenir les eaux et en tirer profit. Et c’est lors de l’assèchement des cours d’eau qu’on réalise de tels projets». C’est presque la même idée que proposent d’autres associations et même des particuliers.

Dans ce sens, l’association de sauvegarde et de la valorisation des ressources naturelles Iharkane de la commune de Chorfa, avait tenu une réunion avec les responsables de direction des services agricoles de Bouira.

Parmi les points évoqués, la nécessité de réaliser de retenues collinaires afin bénéficier des eaux pluviales. «A travers nos sorties sur le terrain, nous avons constaté que de grande quantités d’eau de la rivière dite Iwaquren sont inexploitées. Nous avons lancé une idée de projet pour les récupérer et faire bénéficier le secteur agricole et même la faune locale. Nous interpellons les autorités locales et les pouvoirs publics afin de se pencher sur cette proposition, la mûrir et la concrétiser. L’association ne dispose pas de moyens financier et matériel pour réaliser un tel projet grande envergure», dira Youcef Galou, membre de l’association et spécialiste en développement local.


 

 

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