Malgré un plan de bataille contre le squat des plages : Les «plagistes» font de la résistance

21/08/2022 mis à jour: 03:02
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Photo : D. R.

Les squatteurs de la bande côtière font de la résistance sur les plages en l’absence de brigades de surveillance permanente sur les lieux.

La mafia des parkings et parasols sur la bande côtière algéroise continue d’imposer son diktat en dépit de l’interdiction émise par les pouvoirs publics. Décidément, les multiples descentes inopinées sur les plages opérées par les éléments de la police et de la gendarmerie de wilaya d’Alger n’ont pas suffi à dissuader ces «racketteurs» à libérer le littoral de la capitale.

Les actes malveillants de cette mafia des plages reprennent le dessus une fois que les services de sécurité ont quitté les lieux.

Sa mainmise sur les plages est pourtant dénoncée quotidiennement par de nombreux citoyens, notamment sur les réseaux sociaux. Sur la page Facebook, «les meilleurs et les pires coins», des internautes n’ont pas manqué de porter leurs témoignages sur leurs mésaventures dans certaines plages d’Alger. «Ce phénomène menace le libre accès aux plages», écrit Hamid B.

«Sur une plage publique, il faut compter près de 1700 DA pour un kit parasol-table-chaises, pour une seule journée. Si l’on compte aussi les possibles achats pour préparer le déjeuner, on peut passer à 3000 DA facilement. A titre de comparaison, sur une plage privée, le même kit coûte 2000 DA la journée, sans compter la nourriture à acheter. L’écart n’est donc pas si important. A ces prix-là, il m’est impossible d’offrir à ma famille plus de deux ou trois sorties par mois. Alors que c’est l’été», explique un vacancier rencontré lors d’une virée à la plage Azur de Staoueli.

Durant le mois de mai, le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, en charge de la gestion des côtes, a pourtant assuré qu’il agirait en faveur de la «gratuité des plages» pour l’été, pour contrecarrer ces loueurs illégaux. En juin, le ministère avait ainsi demandé aux mairies côtières de désigner un administrateur, chargé de contrôler les plages et ayant une police sous ses ordres.

Mais cette décision n’a pas trouvé un terrain d’application. Exaspérés, certains vacanciers appellent parfois les forces de l’ordre, avec lesquelles les loueurs informels «se livrent au jeu du chat et de la souris», selon un observateur. «Dès que les gendarmes quittent les lieux, les loueurs réinstallent leurs parasols. C’est un cercle vicieux. Tant que les loueurs ne seront sanctionnés que de manière anecdotique, ils continueront. Il faut que la police locale soit présente et agisse de manière permanente.

Si l’on décide que toutes les plages sont publiques, aucun vendeur clandestin ne doit être toléré», explique le même intervenant. Lors d’une récente visite d’inspection du littoral, la commission chargée de tourisme de l’apw avait déploré le squat à travers la majorité des plages de la wilaya. «Dans la gestion des plages, il y a une quasi-absence des pouvoirs publics qui prétendent qu’il n’y a pas de concession, alors qu’elles existent de fait. Cette situation d’anarchie doit cesser», a rétorqué l’un des élus, appelant à «la nécessité de mettre en place une politique claire dans la gestion des plages dans l’algérois»
 


 


 


 

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