Les préparatifs ont été entamés à Souk Ahras : Campagne pour la collecte des peaux de mouton

03/06/2024 mis à jour: 03:08
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Le but est d’assurer la matière première pour les unités de transformation du cuir

Les préparatifs pour la collecte des peaux de mouton ont été entamés dans la wilaya de Souk Ahras à deux semaines de l’Aïd El Adha. Dans ce contexte, une réunion de la commission multisectorielle chargée de  cette opération a été présidée, hier, par le wali, Abdelkrim Zinaï, en présence du P/APW, du secrétaire général de la wilaya, du Directeur de l’administration locale (DAL), des chefs de daïra et des directeurs exécutifs concernés. 

L’ordre du jour étant l’examen de l’application des directives du Premier ministre, liées aux préparatifs de l’Aïd El Adha, coïncidant cette année avec la saison estivale. Selon le site officiel de la wilaya de Souk Ahras, le premier responsable de l’exécutif a chargé la commission de mettre en place les dispositifs nécessaires pour la collecte des peaux de mouton et de désigner les points de collecte à travers toutes les communes de la wilaya pour faciliter leur récupération par les services de l’entreprise publique d’hygiène et d’aménagement urbain. 

Il s’agit également de mobiliser tous les moyens pour la réussite de cette opération qui revêt une grande importance économique permettant d’assurer la matière première pour  les tanneries et les unités de transformation du cuir. 

Des campagnes d’information et de sensibilisation ont été recommandées pour inciter les citoyens à respecter les consignes à suivre lors du dépeçage des moutons pour préserver les peaux. Pour rappel, c’est la direction de l’industrie de la wilaya qui s’est vu confier la mission d’organiser des opérations de collecte des peaux de mouton durant l’Aïd El Adha. Cela avait déjà commencé ces dernières années, avec un certain succès, mais cela n’avait pas été suffisant en raison de la faible adhésion des citoyens qui n’étaient pas au rendez-vous. 

Même la collecte ne se faisait pas comme indiqué selon les initiateurs, car, généralement, bon nombre de peaux étaient irrécupérables en raison de leur état. L’année dernière, la campagne avait ciblé beaucoup plus l’aspect information et sensibilisation, en collaboration avec les chefs de daïra  et des P/APC. 

Ainsi, l’entreprise publique de l’hygiène et de l’aménagement de la wilaya de Souk Ahras multiplie toujours les actions pour expliquer que les peaux de mouton ne doivent pas être lavées à l’eau. Elles doivent être mises à l’abri du soleil avec la pose d’une couche de sel d’environ 1kg pour bien les préserver contre la putréfaction, avant de les mettre dans des sachets pour être déposées dans des bacs réservés à cet effet. 
 

Une importante source de devises

Ces étapes sont nécessaires pour permettre de récupérer la laine et le cuir dans un bon état. Avec le nombre impressionnant de peaux qui devront être récupérées, cela permettra d’avoir une quantité importante de matière première et éviter qu’elles prennent le chemin des décharges, tout en assurant la non-propagation des mauvaises odeurs et la pollution de l’environnement. Sachant que cette opération a toujours été saluée, de nombreux citoyens se sont souvent interrogés sur le choix des lieux de collecte et insistent sur la nécessité de les informer à l’avance pour qu’ils prennent leur disposition. Un point qui a toujours fait défaut, surtout que la population a soulevé ce problème, les années passées, en raison du manque de bacs de récupération et l’éloignement des lieux de collecte. 

L’idéal, selon eux, serait d’organiser des collectes itinérantes dans la matinée même à travers les principaux quartiers de la ville, en espérant une réelle adhésion des citoyens. Il est utile de rappeler que la transformation du cuir en Algérie est une activité économique représentant une importante source de devises. Des spécialistes et des gérants de tanneries estiment qu’avec plus de quatre millions de bêtes sacrifiées chaque année, des centaines de milliers de peaux de mouton prennent la direction des décharges publiques, ce qui signifie des pertes énormes.

 Il suffit de récupérer seulement 20% de cette quantité pour traiter le cuir et avoir un produit semi-fini prêt à l’exportation, ce qui représente environ 5 millions de dollars. Des recettes qui pourront être doublées au cas où on pourra récupérer au moins 40%. Ce qui n’est pas impossible.

 Une véritable aubaine qui devra inciter les pouvoirs publics à mettre en place une stratégie efficace pour exploiter ce créneau permettant de redynamiser la filière cuir en Algérie.                                              

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