Le temps c’est de l’argent !

29/05/2023 mis à jour: 06:11
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L’activité informelle a toujours évolué en marge des règles de transparence. Ce jeu de l’ombre échappe à tout contrôle en vigueur dans les secteurs économiques. Les circonstances de l’actualité nationale ont largement contribué à l’émergence et au développement de ce fléau. Le passage tumultueux de l’économie socialiste vers une économie plus libérale est suivi d’une totale anarchie, paradoxalement, contrôlée. 

La production locale, qui a eu le mérite d’exister dans bien des secteurs, a été délaissée au profit des importations sans limite. Soutenus par des truchements financiers, les articles étrangers ont fini par étouffer le moindre effort national. S’en est suivi alors le bradage des entreprises publiques en survie. Un prétexte religieux a vite été concocté pour servir de motif imparable pour déserter les banques et autres institutions financières du pays. La riba absout les gains de toute traçabilité et même des redevances fiscales. 

C’est ainsi que plus de 90 milliards de dollars circulent en dehors du circuit financier officiel. Pendant des années, le seul souci de certains importateurs était d’exceller dans les stratagèmes assurant d’amasser le plus d’argent possible. La surfacturation accompagne toutes les marchandises, y compris les plus douteuses d’entre elles. La liste de la «pêche miraculeuse» opérée dans ces cargaisons foisonne de bizarreries. Les tonnes de boue et autres déchets encombrants y figurent en bonne place. Les profits engrangés de ces opérations vont être encore fructifiés sur le marché, évidemment, informel de la devise. 

A ce stade de la magouille, les transactions se font pourtant au grand jour. Chaque ville possède son square Port-Saïd. Les rares opérations coup de poing menées dans ces endroits, prisés par tous, restent sans lendemain. Sur le terrain, les prémices des orientations du président de la République instaurent des bureaux de change au niveau des aéroports dédiés, pour l’heure, aux seuls touristes venant de l’étranger. Les nouveaux textes de loi contenus dans la nouvelle politique de la monnaie et du crédit, en attente de leur approbation et de leur application, pourront alors mettre fin au blanchiment d’argent et aussi protéger le citoyen voyageur du diktat des cupides banquistes. 

Le temps c’est de l’argent, se plaît-on à rappeler, sans pour autant s’activer pour ne pas en perdre. Ce chapitre s’accordera bien avec la limitation des importations qui, en plus des économies à réaliser en termes de devises fortes, va booster la production nationale. La mise en confiance des investisseurs locaux et les facilitations à la création de leurs entreprises, loin de tout obstacle bureaucratique, pourront alors atteindre les objectifs tracés par les pouvoirs publics. L’ouverture des premières banques publiques à l’étranger est un autre levier principal, tant revendiqué par les opérateurs économiques, pour l’encouragement aux exportations. 

Les réseaux routiers réalisés dans le cadre de la coopération Sud-Sud permettront un prolongement naturel à l’activité commerciale nationale avec l’ensemble de notre continent africain. La participation aux différents foires et Salons internationaux contribueront à faire connaître les produits locaux et nouer des relations d’entrepreneuriat avec l’étranger.

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