Le monde a un nouveau roi

19/12/2022 mis à jour: 16:40
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L’acte final de cette 22e Coupe du monde a été joué hier soir dans la capitale qatarie. Des souvenirs inoubliables d’une organisation parfaite, sans le moindre incident et surtout des conditions excellentes et des commodités sans nulles autres pareilles pour ces milliers de spectateurs venus des quatre coins du monde. Et devant cette réussite, quoi de mieux que l’apothéose de cette extraordinaire finale entre Argentins et Français, l’une des meilleures de tous les temps par son suspense de bout en bout, la combativité des joueurs, l’arbitrage incontestable et l’ambiance magnifique dans les travées du stade, puis en dehors toute la nuit…

Cette Coupe du monde restera longtemps dans les mémoires, car elle a ébranlé de plaisir, par son contenu spectaculaire et l’originalité des forces en présence, deux ou trois milliards de téléspectateurs à travers la planète. De quel côté étions-nous ? Pas du côté des Français, assurément, qui ont connu il y a quatre ans leur temps de gloire, lorsqu’ils avaient remporté la Coupe du monde, leur deuxième en Russie. Alors du côté argentin diriez-vous ? Les plus passionnés d’entre nous vous répondrons : l’Argentine. L’Argentine certes mais surtout du côté de Lionel Messi. Ce petit lutin aux antipodes du footballeur aux mensurations normatives et au physique respecté nous a enchantés par son immense talent et son rayonnement panoramique pendant plus de quinze ans sans discontinuité en bousculant de sa très grande classe le football de haut niveau.

Les gens attendaient la pulga ( «petite puce» ainsi surnommé par le peuple argentin ) dans cette Coupe du monde qui était pour lui la dernière. Beaucoup espéraient pour lui de remporter le seul trophée qui manquait à son palmarès : une couronne mondiale après une demi-douzaine de Ballons d’or. Bien avant le début du Mondial, la barre était donc mise très haut. L’on disait de lui qu’il était vieillissant, qu’il manquait de souplesse et de vitesse et que l’effort qu’il s’imposait ne l’aidera pas à mener l’Albiceleste sur le toit du monde. C’était mal connaître son extraordinaire potentiel physique, technique et psychologique. Ce génie de petit Argentin (à qui on prédisait pas une grande carrière du fait très jeune de son retard de croissance), va étaler tout au long du tournoi son envie rageuse d’offrir à son pays la Coupe du monde. Sept matchs d’une rare intensité pour lui en 28 jours. De quoi est-il donc fait pour ramener à chaque fois, au moment où l’on pensait que la cause était perdue, la troupe de bleu et de blanc vêtue à la surface, sur le droit chemin de la victoire suprême, le chemin le plus sûr vers le succès, la consécration et la gloire. En merveilleux capitaine, par ses prouesses et sa combativité, il redonnait du tonus à ses jeunes coéquipiers parfois démoralisés, lesquels après une étonnante, inattendue et énorme déconvenue lors du premier match se sont mis dernière lui et ont cru dur comme fer à l’atteinte du bonheur sacré. Ils l’ont démontré au cours de cette finale de rêve en dominant, en menant au score, puis en fléchissant avant de résister jusqu’à la série de tirs au but victorieuse.

 Voilà, pour Messi la boucle est bouclée. En brandissant «sa» Coupe du monde, il vient d’écrire une très belle page de l’histoire du football mondial. Désormais, personne ne pourra lui contester, ni en Argentine encore sous l’effet de Maradona, ni au Brésil toujours entiché du roi Pelé, ni en Europe avec sa pléiade de footballeurs de légende d’être un grand parmi les grands, un des plus phénoménaux virtuoses que les terrains de football aient jamais enfanté. Hier soir, Lionel Messi s’est mis une couronne sur la tête. Le monde a un nouveau roi de légende. Messi, Messi, Messi…

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