La qualité du management des projets et son impact sur la réalisation des programmes de développement

30/03/2024 mis à jour: 06:37
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La complexité technique d’un projet, les modalités de son financement, l’exigence du respect des délais, des coûts et des normes, l’impact de l’environnement, la multiplicité des parties prenantes sont autant de facteurs qui compliquent la réalisation d’un projet. 
 

Dans la réalisation des programmes de développement, la qualité du management des projets constitue un élément fondamental qui garantit l’efficacité et l’efficience dans la réalisation des projets.
Le non-respect des normes de qualité dans la réalisation a des conséquences négatives sur le plan économique et social. C’est pour cette raison que le management d’un projet nécessite des compétences de haut niveau et un savoir-faire reconnu.
 

Actuellement, beaucoup de projets sont réalisés conformément aux conditions exigées par la nature et l’objectif du projet. Par contre, certains projets de développement rencontrent des difficultés durant les différentes phases de leur réalisation. 

Ces difficultés sont de plusieurs natures et concernent l’implantation du projet, la qualité de réalisation des travaux, la maîtrise des coûts et des délais, l’utilisation d’une main-d’œuvre qualifiée, l’impact du projet sur son environnement… 
 

La difficulté de bien gérer un projet conduit inéluctablement à des anomalies très coûteuses et à des réévaluations des montants initialement arrêtés. 

Les défaillances dans la gestion des projets ont conduit à des réévaluations de plus de 5296 milliards de dinars, entre 2010 et 2020. 
 

Quelles sont les causes profondes qui ont conduit à cette situation ? Quelles sont les règles, les conditions et les approches méthodologiques qui permettent une bonne gestion de projets, caractérisée par un respect des délais, des coûts et des normes de qualité ?

Les principales causes qui favorisent et conduisent à cette situation sont de trois types :                                     
Dans la phase initiation de projet, absence de diagnostic, d’étude de faisabilité et d’identifications précises des objectifs. 
 

Difficultés de réaliser, de suivre et d’évaluer les résultats d’un projet à cause d’une programmation défectueuse et une définition imprécise des étapes et des objectifs 
 

Interférences et immixtions dans la gestion du projet

Les conséquences de ces défaillances dénotent un manque de savoir-faire dans le pilotage des projets, dans la maîtrise des méthodes et outils de management d’un projet, dans l’absence de sélection stricte du personnel conformément aux exigences du projet, dans l’absence d’un suivi et d’une évaluation basée sur des indicateurs percutants aptes à fournir des informations décisives pour apprécier la situation, corriger les anomalies constatées et fournir une information fiable aux différentes parties prenantes.
 

S’ajoutent à ce manque de formation et de qualification, les interférences, de différentes natures, dans la gestion d’un projet. Cette manière de gérer ne permet pas au chef de projet d’assumer correctement ses prérogatives et d’endosser la totalité de ses responsabilités.
 

Voyons donc quels sont les méthodes et outils employés dans le management d’un projet pour s’assurer que durant les différentes étapes de réalisation, les exigences de la qualité, le respect des coûts et des délais sont garantis ?
 

Tenant compte de l’importance de la gestion de projet sur l’évolution et le développement économique d’un pays, les spécialistes en management des projets ont défini une démarche structurée comprenant des méthodes et des outils pour chaque étape de réalisation d’un projet, de son initiation jusqu’à son évaluation finale. Le management de projet ne laisse aucune place à l’improvisation, à l’inertie et au laisser-aller.
 

Les normes internationales ISO et Afnor ont défini avec précision ce qu’on entend par «projet» et par «gestion ou management de projet». 
 

La norme ISO 21 500, par exemple, retient dix aspects qui constituent un projet et le déterminent. 
Ces différents éléments constitutifs d’un projet nécessitent des précisions dans leur contenu : les parties prenantes concernées par le projet, le contenu du projet, les ressources nécessaires, les délais, les coûts, les risques, la qualité, les approvisionnements et la communication. 
 

La norme ISO définit le projet comme «un processus unique, qui consiste en un ensemble d’activités coordonnées et maîtrisées comportant des dates de début et de fin, entrepris dans le but d’atteindre un objectif conforme à des exigences spécifiques telles que des contraintes de délais, de coûts et de ressources».   
Cette norme précise également que le management de projet repose sur des étapes relatives au lancement du projet, sa planification, sa mise en œuvre, le suivi et la clôture du projet.
 

La norme Afnor X50-115 précise qu’un projet «est un ensemble de tâches à réaliser afin d’atteindre un objectif défini, dans un contexte précis, dans des délais impartis et selon le niveau de qualité souhaité». Le projet est géré par des personnes dont le nombre varie en fonction de la taille et de la complexité du projet.
 

Ces principes donnent à l’organisation d’un projet et au chef du projet une importance capitale qui détermine la qualité de la gestion d’un projet. Le but final est de pouvoir réaliser le projet dans les meilleures conditions en minimisant l’impact des risques. La mobilisation de tous les intervenants autour d’un même objectif est déterminante dans la qualité de la gestion d’un projet.
 

Le management d’un projet repose sur des étapes et chaque étape possède ses propres objectifs et exigences.
Avant le lancement d’un projet, une phase préalable est déterminante dans la réussite de la réalisation d’un projet : la phase relative à la conception. Cette phase est fondamentale, car elle réunit l’ensemble des parties prenantes pour définir le projet, ses objectifs et analyser sa faisabilité. Souvent, cette étape est précédée par un diagnostic de la situation pour cerner les points forts et les points faibles du projet ainsi que les opportunités ou les menaces de l’environnement.
 

 La deuxième étape concerne la planification et la précision de la nature des tâches et des ressources nécessaires (humaines, financières et matérielles) pour chaque niveau de réalisation du projet. Dans cette phase, on définit également le rôle des intervenants, la coordination entre eux et les attributions et responsabilités du chef de projet. 
 

La troisième étape concerne le lancement de la réalisation du projet qui doit répondre aux conditions retenues dans le plan d’action. L’exécution doit se faire selon les normes, les délais et les coûts initialement arrêtés. Le chef de projet conduit la réalisation et assure la coordination entre les différents intervenants. 

La quatrième étape concerne le suivi et l’évaluation qui sont établis sur la base d’indicateurs qui permettent de détecter les écarts entre ce qui est prévu et ce qui est réalisé pour pouvoir apprécier objectivement la situation, comparer et corriger.
 

L’évaluation finale de la réalisation du projet permet de fournir des informations sur la qualité de la réalisation et la concrétisation des objectifs arrêtés. Elle permet également d’enrichir les expériences et de capitaliser pour éviter de refaire les mêmes erreurs.
Certains projets, par leur nature, nécessitent une évaluation d’impact pour identifier les conséquences positives et négatives du projet sur son environnement.
 

Il existe plusieurs techniques qui facilitent la conception, le suivi de la réalisation et l’évaluation d’un projet et qui donnent une information fiable en temps favorisant la communication et la prise de décision (L’analyse SWOT, la méthode PERT, le diagramme de Gantt, la méthode en cascades, l’approche Agile, le Lean Management…)
Quelle est la solution la plus efficace et réaliste qui favorise l’instauration d’une gestion de projet conforme aux règles généralement admises et appliquées dans les pays développés ?

Sans aucun doute, la solution réside dans quatre conditions fondamentales : la qualité de l’initiation du projet, les compétences du chef du projet, la qualification du personnel et la levée des contraintes extérieures émanant de différentes institutions. Les mesures suivantes sont, à notre avis, nécessaires :
 

Améliorer la qualité de la formation des chefs de projet 
 

 Instaurer une gestion de projet respectant les conditions et les exigences d’une gestion performante de projet garantissant la qualité des travaux et le respect des délais et des coûts. 
 Octroyer aux gestionnaires du projet une autonomie réelle en clarifiant les responsabilités par rapport aux différents décideurs et institutions
 

Sélectionner d’une manière rigoureuse et sans concession le personnel, en fonction des exigences du projet
 Assurer un suivi et une évaluation permanente sur la base d’indicateurs donnant des informations fiables qui permettent d’apprécier correctement l’évolution de la réalisation, de détecter les insuffisances, de prendre des mesures correctives et d’informer objectivement les parties prenantes.                              

La qualité du pilotage d’un projet est déterminante dans la concrétisation des plans de développement. Elle doit obéir à trois principes fondamentaux : 
L’efficacité (atteindre les objectifs retenus) 
L’efficience (réaliser au moindre coût) 
Le respect des normes de qualité. 
Ces conditions exigent des compétences et une formation adaptée à la nature et aux spécificités du projet.
 

 


Par  Brahim LAKHLEF  , Économiste 

 

* Ouvrages de l’auteur                                                      
Les outils pour bâtir un business plan (les éditions ALE), 2010
Le tableau de bord pour piloter votre entreprise. (Les éditions Baghdadi), 2018           
Plan d’urgence pour une entreprise en difficulté. (Edité par l’auteur). 2021

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