Industrie pharmaceutique : «L’Algérie a brisé le plafond de verre»

06/09/2022 mis à jour: 16:04
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Lotfi Benbahmed ne cache pas sa volonté de faire de l’Algérie un hub de production pharmaceutique en Afrique

Lotfi Benbahmed, ministre de l’Industrie pharmaceutique, s’est félicité lors de son passage hier à la Radio Chaîne III dans l’émission «L’invité de la rédaction», de la baisse de la facture d’importation des médicaments et la hausse significative de la production des produits pharmaceutiques en Algérie. «L’Algérie produit actuellement 87% de la nomenclature, y compris les produits d’oncologie et l’insuline. 

Dans le programme de 2022, nous n’importons que 205 produits, soit une baisse de l’importation de l’ordre de 800 millions de dollars», a-t-il soutenu. Et de poursuivre : «Nous avons cassé le plafond de verre, car la production locale équivaut à plus d’un milliard de dollars. Le chiffre d’affaires de Saidal augmentera cette année de 50%, et plusieurs autres entreprises ont également multiplié leur chiffre d’affaires. Au total, il y a 48 nouvelles unités de production et des centaines de nouveaux produits.» 

Le ministre de l’Industrie pharmaceutique considère que la hausse de la production nationale de médicaments est un enjeu majeur de «souveraineté sanitaire». Il ne cache pas sa volonté de faire de l’Algérie un hub de production pharmaceutique en Afrique, à l’instar de l’Inde et de la Corée du Sud, ce qui permettrait à notre pays d’intégrer la chaîne de valeur mondiale des produits pharmaceutiques. 

«Pour ce faire, a-t-il précisé, nous avons mis en place des textes de loi, une méthode et un degré d’implication.» Il souligne que des contrats ont été signés avec des laboratoires étrangers pour permettre un transfert du savoir-faire. D’ores et déjà, selon le ministre, certains produits pharmaceutiques ont un taux d’intégration de 80%. 
Pour ce qui est de la qualité des produits, le premier responsable du secteur précise que leur enregistrement passe par des experts cliniciens qui maîtrisent totalement la pathologie ainsi que par des laboratoires de références. «Il n’y a aucune concession qui est faite à la qualité, nous avons même procédé à la fermeture d’unités de production parce que la qualité n’était pas aux normes», dit-il. 
 

Concernant les ruptures de certains médicaments observées récemment, Lotfi Benbahmed rappelle la mise en place d’un observatoire de veille sur la disponibilité des produits pharmaceutiques qui prend en charge ce dossier. «Nous ne nions pas qu’il y a parfois des perturbations, mais nous les traitons au fur et à mesure. Il y a 30 produits qui manquent de manière récurrente, nous travaillons dessus à travers une veille stratégique en utilisant l’instrument informatique ainsi que de nouvelles propositions réglementaires, notamment pour la prochaine loi de finances, en introduisant des amendes pour les gens qui ne respectent pas leur programme d’importation ou leur programme de production», explique-t-il. Et d’ajouter : «Ces produits qui manquent, ce ne sont jamais les mêmes. 

Il y a des variations : parfois cela est lié à des ruptures au niveau mondial, d’autres fois, la matière première est indisponible…nous faisons de l’anticipation, en impliquant les médecins afin qu’ils prescrivent un autre médicament. La disponibilité des produits sanitaires est un combat que tous les pays sont en train de mener .» 
 

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