Tension entre Alger et Paris : «La visite du chef de la diplomatie française à Alger n'est pas exclue»

30/03/2025 mis à jour: 14:14
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Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères français

Après plus de sept mois de crise diplomatique entre Alger et Paris, marquée par des déclarations acerbes de ministres français, les deux pays jouent, apparemment, la carte de l’apaisement. 

Un déplacement du ministre français des Affaires étrangères à Alger pour désamorcer la crise entre les deux pays n’est pas exclu. C’est ce qu’a déclaré vendredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères français, Christophe Lemoine. Est-ce un signe de décantation ? 

Interrogé lors d’un point de presse hebdomadaire de son département sur l’éventualité d’un tel déplacement, le porte-parole du  Quai d'Orsay a confirmé, selon l’AFP, l’existence d’un projet de visite dans les prochains jours du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, en Algérie, sans avancer toutefois une date exacte. «Nous travaillons à trouver une issue à la crise actuelle, tout en défendant les intérêts de la France et des Français. Et comme le ministre l’a dit plusieurs fois, et il le dit depuis le début, il ne s’interdit aucun moyen d’action, y compris celui de se rendre en Algérie», a expliqué le porte-parole de la diplomatie française.

Il a précisé que «c’est une offre qu’il a faite depuis un certain temps, elle existe toujours, donc évidemment rien n’est à exclure sur cette question». En janvier dernier, Jean-Noël Barrot a proposé de se rendre à Alger pour désamorcer la crise, qui venait de connaître un nouveau pic après l’expulsion ratée de l’influenceur algérien Doualemn. Donc son offre est toujours sur la table. 

Le porte-parole du Quai d’Orsay a rappelé que la relation franco-algérienne est «dense, riche et concerne différents domaines et différents sujets». «Et bien évidemment, dans le dialogue qui aura lieu avec Alger, l’ensemble de ces composantes sera abordé», a-t-il soutenu. 

Qui gère en France la relation avec l’Algérie ? Le porte-parole de la diplomatie a clarifié ce point, qui a suscité une polémique en raison de divergences qui ne cessent d’éclater au grand jour au sein du gouvernement français sur la tension avec l’Algérie. Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, est le principal membre dans le gouvernement français à pousser dans le sens de la rupture avec Alger, en reprenant à son compte les thèses de l’extrême droite. 

Pour le porte-parole du Quai d’Orsay, le ministre des Affaires étrangères reste leur vis-à-vis est le seul ayant une vocation de gérer les relations bilatérales. «Le ministère des Affaires étrangères a vocation, naturellement, et c’est sa vocation première, à suivre les relations bilatérales que la France peut avoir avec l’ensemble des pays du monde. 

Donc ce qui vaut pour l’ensemble des pays du monde vaut aussi pour l’Algérie, c’est certain», a-t-il indiqué, avant de rappeler que le système constitutionnel français «prévoit qu’effectivement, le président de la République a lui aussi un rôle à jouer, en tant que chef d’Etat, dans la diplomatie française. Je pense que la relation franco-algérienne n’échappe pas à cette règle. Donc ce sera géré conformément aux règles qui gouvernent l’organisation de l’Etat français», a-t-il dit. 

Du côté de l’Algérie, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a clarifié sa position vis-à-vis de cette question lors de son interview périodique avec les médias. Il avait affirmé que la crise entre l’Algérie et la France avait été «créée de toutes pièces» et a réitéré sa volonté de «régler tous les problèmes» avec son homologue Emmanuel Macron.  

«On garde comme unique point de repère, le président Macron. Nous travaillons ensemble. Il y a eu, c’est vrai, un moment d’incompréhension, mais il reste le président de la République française et, personnellement, tous les problèmes doivent se régler soit avec lui ou avec la personne qu’il délègue, en l’occurrence son ministre des Affaires étrangères, à juste titre». Nabila Amir 
 

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