Protection du patrimoine artisanal national : L’arrêté ministériel enfin publié

30/03/2025 mis à jour: 09:29
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Photo : D. R.

L’arrêté ministériel, qui a pour objet de fixer les niveaux du label de qualité et d’authenticité des produits de l’artisanat traditionnel, a été enfin publié dans le Journal officiel du 19 mars.

Le texte de loi vise la sauvegarde et la protection du patrimoine artisanal national et local, tant sur le territoire national qu’à l’échelle internationale, des tentatives d’imitation, de contrefaçon et de récupération abusive. Autre objectif visé, la valorisation et la promotion du savoir-faire des artisans algériens, contribuant ainsi à la pérennisation de traditions séculaires et à la transmission des compétences ancestrales aux générations futures. L’arrêté ministériel se structure autour de deux niveaux distincts, chacun correspondant à un niveau d’exigence et à une portée géographique spécifique. Le premier niveau est désigné par la marque collective Artisanat d’Algérie.

Le second niveau, plus spécifique, est identifié par la marque collective Artisanat d’Algérie produit région. Pour obtenir le label du premier niveau, les produits doivent répondre à un ensemble de critères rigoureux, tels que stipulés dans l’article 3. Parmi ceux-ci figurent le caractère traditionnel authentiquement algérien, impliquant que le produit s’inspire de l’art local et des techniques ancestrales.

Un autre critère essentiel est le niveau de qualité, tant dans le choix des matières premières utilisées que dans le soin apporté à l’exécution du travail. Enfin, la fabrication doit être principalement manuelle, même si l’utilisation de machines peut être admise pour certaines étapes du processus, à condition que la part du travail manuel reste prépondérante.

Quant au second niveau, il se distingue par sa vocation à garantir l’origine et la composition du produit en lien avec une région géographiquement délimitée. Ce deuxième niveau est également défini par une multitude d’éléments qui se combinent pour créer des objets uniques, porteurs de l’histoire et du savoir-faire locaux. Parmi ces éléments, on retrouve la qualité de la matière première d’une région spécifique et les caractéristiques de cette région, le type de la forme et les symboles utilisés sur le produit ou les produits de l’artisanat d’une région spécifique.

On y trouve également le processus de la production de la région, géographiquement délimitée qui est adopté dans la fabrication du produit ou des produits de l’artisanat traditionnel. Par ailleurs, dans un souci de préservation et de promotion de cet artisanat authentique, l’attribution d’un label de qualité et d’authenticité avec son estampille distinctive est soumise à des critères rigoureux.

Les artisans souhaitant obtenir ce label doivent impérativement remplir un cahier des charges précis, garantissant ainsi le respect des traditions, la qualité des matériaux et la pérennité du savoir-faire local. En outre, l’Agence nationale de l’artisanat traditionnel (ANAT) joue un rôle décisif dans ce processus de labellisation. Elle est chargée d’étudier minutieusement et de valider les cahiers des charges des labels de qualité et d’authenticité qui lui sont soumis par les Chambres d’artisanat et des métiers des wilayas.

A Bouira, la démarcha a d’ores et déjà été amorcée. Selon Anwar Mokdad, chargé de la promotion au niveau de la chambre d’artisanat et des métiers de la wilaya de Bouira, une campagne de sensibilisation auprès des artisans est mené depuis janvier afin d’encourager les artisans à y adhérer. «Nous avons ciblé les artisans dans plusieurs métiers en voie de disparition, tels que la confection de la robe d’Ahl Laksar, le tapis de Guerrouma, la taille de pierre d’Ath Mansour, entre autres.

Des cahiers des charges ont été remis à ces artisans afin de les remplir», explique-t-il. «Ensuite, une équipe d’inspecteurs de la direction du tourisme et de l’artisanat effectuera des visites dans les ateliers des artisans pour contrôler les déclarations mentionnées dans le cahier des charges et rédiger un rapport. Les dossiers seront ensuite transmis à l’ANAT qui décidera de l’attribution ou non du label», précise notre interlocuteur, ajoutant que, dans sa totalité, la démarche prend 28 jours.

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