L’embuscade de Lalla Aouda du 28 février 1957 - Damous : Plusieurs centaines de familles massacrées par les militaires français

01/03/2025 mis à jour: 16:46
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Photo : D. R.

Le succès retentissant de l’embuscade organisée par les maquisards de l’ALN, qui avait eu lieu au début de l’après-midi du jeudi 28 février 1957 à l’extrémité sud-ouest de la wilaya de Tipasa, passe aujourd’hui malheureusement sous silence.

Une stèle avait été érigée. Elle se trouve aujourd’hui dans un état honteux, indigne, entourée par des ordures et des détritus, en ce mois de février 2025. 
Les forces coloniales françaises humiliées par les commandos de l’ALN lors de cette embuscade avaient violemment riposté.

En guise de représailles, l’ordre du commandement militaire avait été donné pour massacrer les familles complices de l’ALN, qui vivaient dans les hameaux épars, environnants du lieu de l’embuscade.

«Bien évidemment, les populations locales subirent la vengeance des militaires, même si les cadavres n’avaient pas été mutilés, décrit un témoin, il est question d’une répression féroce, qui est surtout attribuée aux troupes sénagalaises, auxquelles se seraient joints quelques éléments des parachutistes et aussi du 22e RI (Régiment d’infanterie, ndlr), enchaîne-t-il, avec tout son cortège d’arrestations arbitraires, de tortures, d’exécutions sommaires, des maisons incendiées, ajoute ce témoin, des villages soupçonnés de complicité avaient été entièrement rasés par des attaques aériennes, à la mitrailleuse, aux roquettes, des bombes et même au napalm, le mausolée de Lalla Aouda avait été incendié, afin qu’il ne devienne pas un souvenir.

Même si le trait peut paraître parfois outrancier, il est difficile de nier les actes de violence, voire les atrocités que la population des douars a subies, dont des viols, reconnaît le témoin, des centaines d’arrestations arbitraires suivies de torture, 25 exécutions de suspects sur le lieu même de l’embuscade.

Un chef de section de l’armée coloniale aurait fait abattre 20 prisonniers civiles, arrêtés au 3e jour du ratissage qui a suivi l’assaut des éléments des commandos de l’ALN», explique un ancien militaire français. 

L’ex-footballeur du MS Cherchell, Noufi Ahmed, alias Abdelhak, l’instigateur et l’organisateur de cette embuscade, qui aeu lieu il y a 68 ans, avait été tué, au même titre que deux autres de ses compagnons, pendant la bataille contre une colonne de l’armée française. L’avion de reconnaissance, qui assurait la sécurité des militaires français à bord des camions et des half-track avait, été abattu. 

Un événement historique algérien, qui révèle le courage et le patriotisme des jeunes Algériens engagés dans les rangs de l’ALN d’une part, et d’autre part l’adhésion des familles rurales courageuses, se mettant aux côtés de leurs compatriotes, afin de combattre le colonialisme français, en dépit des souffrances, passe dans l’indifférence. Il s’agit de l’un des repères du glorieux passé national, qui s’est déroulé il y a 68 ans.

 

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