Le dernier spectacle de l’humoriste franco-algérien Wary Nichen est joué à guichets fermés, tant toutes les places du théâtre régional d’Oran étaient occupées.
Pour avoir «fait ses dents», en grande partie, sur les planches des salles françaises, on aurait été tenté de croire que Wary Nichen, en tant qu’humoriste, passerait inaperçu à Oran, ou tout au moins attirerait un fan-club restreint, ne remplissant qu’à peine l’orchestre du théâtre d’Oran.
Mais arrivé sur les lieux du show, mercredi, nos yeux n’ont pas tardé à se dessiller : «Solutions», le dernier spectacle de l’humoriste franco-algérien Wary Nichen, est joué à guichets fermés tant toutes les places du théâtre régional d’Oran, celles de l’orchestre et des deux balcons, ont été prises d’assaut par un public enthousiaste et nombreux.
Il aurait fallu de peu pour que même le poulailler se remplisse. C’est par le truchement des réseaux sociaux que Wary Nichen a gagné en popularité de ce côté-ci de la Méditerranée, et nombre de ses sketchs sont déjà connus du public d’Oran.
A cela, il s’est d’ores et déjà produit à El Bahia, il y a deux années de cela, au théâtre de la fourmi, un lieu certes disposant d’un nombre de sièges moindre que celui du TRO. Autant dire que mercredi, le public d’Oran en a eu pour son argent : les punchlines, anecdotes et autres vannes percutantes, disséminées tout le long du spectacle, ont déclenché régulièrement les zygomatiques de toute la salle.
Avec un décor des plus rudimentaires, s’aidant d’un simple data-show et d’une mini-télécommande où il faisait défiler images et vidéos, Wary Nichen s’est complu, pendant une heure trente, à passer en revue l’actualité mondiale, particulièrement française et algérienne, et évidemment les rapports électriques qu’entretiennent actuellement les deux pays, mais aussi revenir sur des anecdotes tordantes de ses voyages aux Etats-Unis et au Mexique ou encore de la fois où, ayant pour partenaire de travail un collègue allemand, ce dernier étant arrivé en retard, lorsqu’il avoue à leur patron qu’il est la cause du contretemps, ce dernier ne le croit qu’à demi-mot tant il lui semble fort de café qu’entre deux employés, l’un allemand et l’autre arabe, ce soit l’allemand qui ne soit pas ponctuel.
A ce propos, l’humoriste avouera qu’au départ, son spectacle devait s’intituler «Problèmes», mais qu’avec son nom d’arabe, sa tête d’arabe, et qu’en plus, sur l’affiche, il y ait eu le mot «problèmes», ça aurait été, pour le coup, un tantinet problématique.
Tranches de vie
Le spectacle «Solutions» donc ne se cantonne pas seulement au commentaire politique et à la revue de presse genre Guy Bedos, mais met l’accent, également, sur les faits sociétaux. C’est aussi des tranches de vie qu’il partage avec son public, comme ses démenées avec les passagers d’Air Algérie, lorsque le voyant voyager sans bagages, tout un chacun le harcèle pour lui filer les siens, et s’alléger quelque peu.
Sans verser dans le politiquement correct, qui fait tant de mal aux humoristes d’aujourd’hui, il passe en revue les différentes wilayas du pays, se plaisant à les chambrer copieusement, sans que le public ne prenne la mouche ou ne s’offusque, ce dernier, lorsqu’on ne l’infantilise pas, sait parfaitement prendre les choses au second degré. Né à Oran, Wary Nichen a voyagé dans beaucoup de pays du monde, ayant notamment travaillé au Québec et à Londres.
Sa carrière humoristique a débuté en France, au Jamel Comedy Club, et année après année, il a su gravir les échelons au point qu’aujourd’hui, ses spectacles dans l’Hexagone font à chaque fois salles combles.
Maîtrisant plusieurs langues, son tour de force est de parvenir à jouer aussi bien en français qu’en arabe, comme ce fut le cas lors de son show oranais. La première partie de son spectacle de mercredi a été assuré par l’humoriste Ahmed Djawed Tourabi, qui s’impose de plus en plus sur la scène oranaise.