Coopération économique entre l’Algérie et la France : Incertitudes face à la crise

30/03/2025 mis à jour: 10:21
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Alors que les relations diplomatiques entre la France et l’Algérie connaissent une longue zone de turbulences, les tensions politiques pourraient déborder sur le terrain économique en 2025. 

La communauté française en Algérie, forte de quelque 2000 cadres expatriés, ressent les effets indirects des crispations diplomatiques. Michel Bisac, président de la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française, se veut rassurant dans ses interventions médiatiques. «Nous sommes toujours aussi bien accueillis par nos partenaires algériens. Le problème est essentiellement politique», affirme-t-il dans une récente déclaration reprise par TSA.

Pourtant, cette normalité pourrait être de courte durée. Si les tensions venaient à s’aggraver, les entreprises françaises en Algérie pourraient en subir les conséquences. En 2023, les échanges commerciaux entre les deux pays s’élevaient à 11,8 milliards d’euros, un chiffre qui témoigne de l’importance du partenariat économique franco-algérien.

 «La plupart des entreprises françaises ont réalisé une excellente année 2024, mais la surenchère verbale inquiète», prévient M. Bisac. A Paris, la gestion de la crise expose des divergences au sein du gouvernement. Tandis que le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, maintient une ligne dure à l’égard d’Alger, son collègue des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, tente d’apaiser les tensions en proposant une visite officielle. A Alger, la réponse est mesurée. Le président Abdelmadjid Tebboune, tout en qualifiant les événements de «faits regrettables», appelle au dialogue avec le président français. 

Les entreprises françaises basées en Algérie n’ont pas de mesures de rétorsion officielles. Les difficultés administratives, notamment en matière d’importation, concernent l’ensemble des investisseurs étrangers et ne visent pas spécifiquement la France.Malgré la situation tendue, Michel Bisac assure qu’il n’y a pas, à ce jour, de «french bashing» en Algérie. Les relations professionnelles demeurent solides, et les cadres expatriés continuent d’évoluer dans un environnement stable. Toutefois, le spectre d’une crispation durable inquiète. Si la dégradation des relations politiques se poursuit, l’économie pourrait en subir les contrecoups, mettant en péril des années de coopération franco-algérienne.

Dans cette attente, les expatriés français en Algérie restent suspendus aux arbitrages des chancelleries. L’année 2025 s’annonce décisive : d’un côté, la volonté de certains de tendre la main ; de l’autre, le risque de voir les tensions s’aggraver.  Amel Blidi

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