Il est désolant de relever qu’en dépit des budgets colossaux débloqués par l’Etat pour des projets de développement, un faible taux de consommation a été enregistré, ce qui pénalise énormément les populations.
L’Assemblée populaire communale (APC) de Annaba fait face à une situation critique quant à son inefficacité dans l’utilisation des budgets alloués, révélant un problème majeur dans la réponse aux besoins croissants de la population locale.
Selon des chiffres arrêtés au 25 février 2025, le budget total de l’APC de Annaba s’élève à 2 891 813 773,81 DA, dont seulement 847 809 673, 66 SA ont été consommés, soit un taux d’exécution de 29%, laissant un reliquat de 2 044 004 100,15 SA. Une analyse détaillée des chiffres montre que le budget communal, d’un montant de 1 173 811 330,57 DA, a été consommé à hauteur de 445 744 129,44 DA, tandis que le budget de wilaya, qui s’élève à 190 553 894,59 DA, n’a vu l’usage que de 57 441 541,17 DA, laissant un solde de 133 112 353,42 DA. De son côté, le Fonds commun des collectivités locales (FCCL) totalise 1 405 562 548,65 DA, dont seulement 268 353 589,46 DA ont été dépensés, générant un reliquat de 1 137 208 959,19 DA.
Et enfin, l’Adsec (ex-PCD), d’un montant de 121 886 000, 00 DA, affiche une consommation de 76 270 413,59 DA, laissant 45 615 586,41 DA non utilisés. «Ces indicateurs mettent en lumière une gestion budgétaire défaillante, soulignant l’incapacité de l’APC à mobiliser efficacement les ressources nécessaires pour dynamiser la vie économique et sociale de la ville», estiment plusieurs économistes.
Depuis l’installation de l’APC de Annaba en décembre 2021, sous la direction du maire Youcef Chouchane, avant d’être écarté de l’Assemblée, seuls 19% des fonds issus des budgets communal, de wilaya et FCCL ont été consommés, selon des chiffres arrêtés par la direction des finances communales au 25 octobre 2023.
Face à cette situation préoccupante, le nouveau P/APC, Abdelkrim Klaiaia, a récemment opéré un remaniement au sein du bureau des marchés, en réponse à plusieurs marchés infructueux et à une méconnaissance constatée des cadres, sachant que le saut, de 19 à 29%, de consommation budgétaire a été réalisé durant la période du blocage de l’Assemblée avant l’arrivée de Abdelkrim Klaiaia en septembre 2024, où la gestion communale a été assurée par le chef de daïra du chef-lieu.
Cette inertie budgétaire, traduite par des milliards de dinars non dépensés, prive, ainsi, la population des services et infrastructures indispensables à son développement et révèle un problème systémique de gouvernance. «Alors que les besoins en développement urbain et social ne cessent de croître, il devient impératif de redonner du sens à l’action publique en mettant en place des mécanismes de suivi rigoureux afin de transformer ces enveloppes budgétaires théoriques en projets concrets et bénéfiques pour l’ensemble des habitants de Annaba», estiment plusieurs économistes locaux.