Dans des ateliers de la Cité interdite, la Chine restaure une partie de ses trésors

26/02/2025 mis à jour: 23:21
992

À Pékin, la politique du président chinois Xi Jinping, qui appelle régulièrement à une meilleure protection du patrimoine culturel, a conduit à une meilleure préservation des objets anciens.

Dans un atelier de la Cité interdite à Pékin, une restauratrice, concentrée sur une figurine ancienne, utilise un coton-tige pour en nettoyer minutieusement les moindres recoins. Ce précieux objet, resté en réserve pendant des années, fait partie du vaste ensemble de 1,86 million de pièces conservées dans l’ancien palais impérial. Seule une partie de cette collection est exposée au public, suivant un système de rotation et d’expositions temporaires.

Sous l’impulsion du président chinois Xi Jinping, la préservation du patrimoine culturel a pris une importance croissante. De nombreux objets historiques sont ainsi en cours de restauration afin de retrouver leur éclat d’origine et d’être présentés aux visiteurs de l’ex-résidence des empereurs des dynasties Ming et Qing. La semaine dernière, une visite organisée par le gouvernement a permis à l’AFP de découvrir cet atelier baigné de lumière, où des ouvriers en gants de latex manipulent avec précaution divers artefacts. Lanternes, pendentifs en jade et peintures endommagées par le temps sont nettoyés, tamponnés et polis avec soin.

Une restauratrice retouche au pinceau une tête de statue dont la peinture s’écaille, tandis qu’une autre applique un liquide spécial sur un rouleau ancien de la dynastie Qing. Ma Yue, responsable de la conservation des calligraphies et peintures du musée, explique que chaque restauration repose sur une analyse précise des matériaux d’origine, de la palette de couleurs et du degré de vieillissement. L’objectif est de préserver l’authenticité des œuvres en respectant les techniques et matières historiques.

Dans la partie du musée ouverte au public, le travail des équipes de conservation est déjà visible. Des milliers de visiteurs parcourent l’immense complexe, parfois vêtus de costumes traditionnels pour immortaliser leur passage devant les murs rouges emblématiques. L’ouverture d’un nouveau centre culturel à Pékin en octobre devrait permettre d’accélérer encore la restauration de nombreux objets anciens.

Transformée en musée en 1925 après l’expulsion du dernier empereur Pu Yi et de sa cour, la Cité interdite célèbre cette année son centenaire. Sa collection, d’une richesse exceptionnelle, comprend des peintures, des calligraphies, des bronzes, des céramiques, ainsi que des textiles précieux, témoins de l’histoire de la Chine depuis la préhistoire jusqu’à l’époque moderne. Au XXe siècle, ces trésors ont été menacés à plusieurs reprises, notamment lors de l’invasion japonaise et de la guerre civile chinoise. Afin d’éviter leur saisie par les troupes japonaises, des centaines de milliers d’objets ont été déplacés par le gouvernement d’alors. Après la victoire des forces communistes en 1949, de nombreuses pièces ont été transportées à Taïwan par les nationalistes en fuite.

Le musée a formé sa première équipe de conservation en 1952. Toutefois, la Révolution culturelle a marqué une période sombre pour le patrimoine chinois, de nombreux objets d’art et sites historiques ayant été endommagés ou détruits par des jeunes militants visant les symboles du passé impérial. Aujourd’hui, ces efforts de préservation visent à réparer les pertes du passé et à transmettre cet héritage aux générations futures.

Copyright 2025 . All Rights Reserved.