Culture : Kaki ravive les mémoires

23/03/2022 mis à jour: 06:43
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Les journées en hommage au grand dramaturge Ould Abderrahmane Abdelkader dit Kaki se sont ouvertes avant- hier à la maison de la culture de la wilaya de Mostaganem. 

Cet honneur revient à l’Association théâtrale Kartina de Mostaganem, qui organise cette manifestation sur trois jours, sous l’égide du ministère de la Culture et des Arts. Ces journées seront rééditées dans quatre autres wilayas, en collaboration avec les théâtres d’Oran, Sidi Bel-Abbès, Tlemcen et Biskra. Dès 10h00, les invités, hommes et femmes de théâtre et universitaires, ont pu apprécier la riche exposition de photos et d’articles ainsi qu’un film documentaire sur les performances de la troupe El Garagouz et de Kaki, son fondateur. 

Ainsi, en nous imprégnant des témoignages et des interventions variées de ses compagnons, vivants et disparus, nous croisons Kaki dans ses premières performances avec les scouts musulmans algériens. Nous nous envolons avec lui dans son évolution dans le 6e art jusqu’à la création de ses œuvres et leur mise en scène. Nous apprenons qu’il écrivit et mit en scène Dem El Hob, sa première pièce, à l’âge de 17 ans. Au fil de quelques mots, nous voyageons à travers «132 ans» d’histoire de l’Algérie. Et voilà ce ghennay qui surgit de la salle en entonnant «Ha lma ha lma, ma sidi rabi jeybou jeybou, men aïn sid el okbi» et se met à réclamer un chœur au public. Slimane El Guerreb, personnage emblématique de El Guerrab wa Salhine, arpente le parterre avant de prendre possession de la scène tout entière. 

Surgit un goual et, à travers une prétérition, explique dans une approche éminemment pédagogique, les trois objectifs de Kaki dans son théâtre : 1) la langue dont il dit que le dramaturge apurait auprès de Cheikh Hamada ; 2) la vie de Diwane El Garagouz et 3) le laboratoire de recherche, instrument qui permettait à Kaki d’innover et d’affiner son art et d’encourager toujours plus profondément la formation des comédiens. C’est par ce truchement, nous conte-t-il, que Kaki tendait vers son but, à savoir «la recherche d’un modèle en comparant le théâtre mondial et le patrimoine national». En substance, le goual insiste sur la nécessité d’une relève qui doit prendre en charge l’héritage dramaturgique de Kaki, l’assumer et lui assurer une pérennité. 

Après la présentation du livre qui regroupe quatre pièces de Kaki, publié par l’Association Kartina conjointement avec le Théâtre Régional d’Oran (TRO) et sa distribution aux familles des comédiens défunts ainsi qu’aux quelques-uns encore vivants, tous compagnons de Kaki, place est faite pour le colloque composé de deux communications, présentées par des universitaires. Ces interventions ont donné lieu à un débat très animé autour de la thématique El Guerrab wa Salhine, le «dramaturge et ses personnages» et «La rythmique, un fil conducteur de l’œuvre de Kaki». 25 ans après sa disparition, Ould Abderrahmane Abdelkader dit Kaki continue à nous abreuver art, car El Guerreb n’est jamais loin pour étancher notre soit de la scène. 

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