Commémoration et évocation des martyrs de la révolution : L’histoire revisitée à Iboudraren

28/04/2024 mis à jour: 04:27
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Une grande cérémonie de recueillement a été organisée à la mémoire de ces trois martyrs originaires de cette commune à Ibourarène ( Photo El Watan)

La wilaya de Tizi Ouzou a été au rendez-vous avec l’histoire, à l’occasion du 68e anniversaire commémorant la mort de trois martyrs de la Révolution qui se sont sacrifiés pour l’indépendance de l’Algérie. 

Pour que nul n’oublie ces Chouhada tombés dans le combat révolutionnaire contre le colonialisme français, des activités pour  revisiter  trois  militants  du mouvement national,  M’barek Aït Menguellet,  Amar Ould Hamouda et  Salah Aït Mohand Saïd, ont eu lieu dans la commune d’Iboudraren, dans la daïra d’Ath Yenni, à 50 kilomètres au sud-est de Tizi Ouzou. 

Une  grande cérémonie de recueillement a été organisée, devant la stèle érigée sur la route du village Ait Allaoua,  à la mémoire de ces trois martyrs originaires de cette commune. Cette activité a regroupé des centaines de personnes venues des quatre coins de Tizi Ouzou et d’autres wilayas. 

D’ailleurs, il y avait, entre autres, des députés de Souk Ahras, de Boumerdès et Tiaret et ceux de Tizi Ouzou, dont MM. Aftouche, Antar et Khendriche qui ont également marqué de leur présence l’événement. 

Des élus de plusieurs communes, des artistes, des Moudjahidine, des fils de Chouhada,  des militants de tamazight  ont pris part à cette commémoration qui se veut, selon ses initiateurs, l’association M’Barek Ait Menguellet et le comité de village d’Ighil Bouamas ainsi que l’APC d’Iboudraren, grandiose. 

 Les intervenants ont mis en relief le combat des trois défunts dans le mouvement national et son importance dans la conscientisation de la population. 

Ils sont également revenus sur leur attachement à la cause amazighe. Le maire d’Iboudraren, Larbi Messaoudi, a précisé  que «la commémoration de la mort de ces trois martyrs nous a rassemblés aujourd’hui dans cette région perchée au pied du Djurdjura. Nous sommes très honorés de la présence de toute cette assistance venue revisiter le parcours et itinéraire de ces combattants morts pour l’Algérie», a-t-il ajouté. 

De son côté, le député Ouahab Aït Menguellet, fils de M’Barek Aït Menguellet, a déclaré : «Je tiens à remercier tous ceux qui ont répondu à l’invitation pour assister à cet hommage rendu à la mémoire de ces trois martyrs de la Révolution qui étaient des intellectuels.  

Aujourd’hui, nous considérons que tous les Chouhada avaient le même grade car leur seul et unique objectif était de se libérer du colonialisme. Tous ont combattu pour que les Algériens soient aujourd’hui libres et indépendants. Je souhaite également la bienvenue à nos frères et amis députés venus des autres wilayas, de Souk Ahras, Boumerdès et Tiaret», a -t-il fait remarquer. 

Ayant pris part à cette commémoration à la tête d’une importante délégation de l’assemblée de wilaya, le président de l’APW de Tizi Ouzou, Mohamed Klalèche, a  soutenu que «ces martyrs de la Révolution ont sacrifié leur vie pour un Etat social fort, libre et démocratique. Ils étaient les pionniers de la revendication identitaire amazighe. 

 C’est un devoir de poursuivre leur combat», a-t-il insisté. Pour sa part, Si Ouali Ait Ahmed de l’ONM et  président de l’association de wilaya tagrawla, a ajouté : «Je suis le représentant d’une génération qui s’éteint. Je m’adresse aujourd’hui à la génération montante pour témoigner de l’histoire de la Révolution. C’est un devoir pour moi de dire la vérité. 

Ces trois martyrs ont marqué l’histoire de notre pays. Il faut dire aussi que la Kabylie est le cœur du patriotisme et du nationalisme en Algérie.  18 personnes parmi les 22 initiateurs de l’Etoile nord africaine sont de la Kabylie. Ils ont fait un grand travail de conscientisation et de politisation qui a donné ses fruits au déclenchement de la Guerre de libération nationale. 

L’emblème national a été créé par une commission de l’ENA présidée par Imache Amar» a-t-il témoigné. Le secrétaire général du HCA, Haut commissariat à l’amazighité, Si El Hachemi Assad, a aussi honoré de sa présence l’événement. Invité à prendre la parole, il dira que «chaque village et chaque commune doivent accorder un intérêt particulier à  nos martyrs. 

L’écriture de l’histoire doit se faire tant qu’il y a encore des témoins de l’histoire», a-t-il préconisé, tout en précisant que «le HCA est disposé à  aider ceux qui travaillent sur l’histoire, pour la langue et la culture amazighes aussi».   

Le wali de Tizi Ouzou, Djillali Doumi  s’est déplacé aussi à Iboudraren, vendredi, à l’occasion de cette commémoration. Parmi les autres activités inscrites au programme de cette journée, une conférence animée par trois auteurs et chercheurs, en l’occurrence  Hacene Helouane, Djamel Laceb et Hamid Bellek. Rabah Ait Amrane, président de l’association culturelle M’Barek Ait Menguellet, a souligné, lui aussi, l’importance de cet hommage puisqu’il revisite, a-t-il ajouté, le parcours de ces martyrs qui sont morts pour leur patrie, l’Algérie, et pour la cause identitaire aussi, tamazight qui est devenue aujourd’hui une langue nationale et officielle.  

Par ailleurs, la veille jeudi, un autre hommage a été rendu à Iboudraren, à deux  autres monuments  de la Révolution, Amirouche et Si El Haouès, tombés au champ d’honneur, le 29 mars 1959, à Djebel Thameur, à Ain El Melh, dans la  wilaya de M’Sila.  Un recueillement a eu lieu devant la statue Amirouche au lieudit «La Tranchée», en présence des autorités locales, dont  le wali, le P/APW et le conseiller du président de la République chargé des ONG, Hamid Lounaouci, de représentants de l’ONEC et de l’ONM. 

 Au musée du Moudjahid, à M’Douha, au chef-lieu de wilaya, une conférence sur Amirouche dans les archives a été, pour rappel,  animée, mercredi,  par le chercheur Malik Ait Hamouda.

 En somme, mercredi, jeudi et vendredi, étaient des rendez-vous avec l’histoire dans la wilaya de Tizi Ouzou.   
 

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