Célébration du 60e anniversaire de l’Indépendance : Témoignage sur le 1er retentissement de Quassamen le 5 juillet 1962 à Sidi Fredj

22/06/2022 mis à jour: 15:00
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Photo : D. R.

Sur un total de 25 musiciens de la fanfare venue de Cherchell afin d’exécuter le 1er hymne national le 5 juillet 1962 à Sidi Fredj, à 13h30, en ce mois de juin 2022, il ne reste que deux éléments de cette fanfare historique encore vivants.

Deux officiers supérieurs de l’ALN avaient procédé à la levée du drapeau aux couleurs algériennes. Officiers et djounoud de l’ALN et des centaines de milliers de citoyens étaient présents sur ce lieu où la France coloniale avait violemment entamé la colonisation de l’Algérie. Les journalistes étrangers se trouvaient là pour assurer la couverture de la célébration de l’Indépendance de l’Algérie.

Ils étaient témoins au moment où la fanfare de Cherchell exécutait l’hymne national et le drapeau était hissé au sommet du mât. Les autorités algériennes avaient ensuite bâti le complexe touristique El Manar dans cet endroit précis. Nos deux témoins privilégiés de ces moments historiques, inhérents aux premières heures de l’Indépendance de notre Patrie, étrangement, sont jetés aux oubliettes.

Les médias lourds n’ont pas daigné recueillir leurs témoignages. La mémoire à deux vitesses. Il s’agit du Docteur et chercheur Meklati Braham (76 ans), l’ex- patron du CRAPC (Centre de recherches et d’analyses physico-chimiques), clarinettiste de la fanfare, et de M. Battache Mohamed (76 ans), directeur d’établissement du cycle moyen en retraite, le saxophoniste de la fanfare.

Les deux authentiques témoins cherchellois, wilaya de Tipasa, vivent à ce jour le souvenir de leur participation à cet événement historique inédit chaque année, dans la solitude, dans leurs maisons respectives. Quand les responsables de l’ALN de la Wilaya IV avaient décidé d’organiser la célébration du 5 juillet 1962 à Alger, ils avaient sollicité la fanfare de Cherchell. Les musiciens avaient passé quelques jours du mois de juin 1962 dans les maquis du Djebel Mongorno (Médéa). Il n’y avait pas d’eau.

Il faisait très chaud. L’eau gazeuse était utilisée à la place de l’eau. Des djounoud de l’ALN se sont joints à la fanfare pour apprendre à marcher au rythme et aux sons de la musique produite par les instruments des éléments de la fanfare de Cherchell.

Les deux septuagénaires, oubliés de l’Histoire, nous relataient leur participation à cet événement avec une grande passion. Ils n’arrivaient pas à supporter le poids de leurs émotions. «Vous savez, quand des responsables du FLN ont fait appel à nous, nous ignorions le but et l’objectif de notre voyage, déclare Meklati Braham.

Nous sommes montés à bord d’un bus de la compagnie Mefti Frères et avons rejoint un camp militaire éloigné, j’avais 16 ans.» Le saxophoniste Battache Mohamed explique à son tour, «à Alger, nous avons pris le départ de la Place du 1er mai jusqu’à Bab El Oued, nous avons défilé, nous étions tous étonnés et surpris du nombre incroyable de la population, femmes, enfants et hommes, tout le long de notre parcours dans la capitale», me dit-il.

Le clarinettiste Meklati Braham, «alors que j’étais adolescent, assister à la levée du drapeau de mon pays, tout en exécutant à l’aide de mon instrument l’hymne national le 5 juillet 1962, à Sidi-Fredj, je me rends compte que c’est historique pour moi personnellement, dit-il, j’ai vécu ces moments avec plein d’émotion, ce qui a encore plus marqué mon esprit, incontestablement, la joie des familles, cette allégresse des gigantesques marées humaines, c’est unique comme image, les citoyens chantaient, dansaient, ils voulaient cette indépendance».

Les deux éléments de la fanfare de Cherchell ont répondu spontanément à notre question sur la composition musicale, «nous avons étudié le solfège, donc cela s’est très bien passé pour nous jeunes à l’époque, les deux clarinettistes Meklati Braham et Farid Ghobrini, Allah yarrahmou, le saxophoniste Battache Mohamed et celui qui jouait au tambour, nous étions quatre musiciens à jouer l’hymne national.

Nous avions eu au départ le trac devant les militaires de l’ALN et les milliers de citoyens, pour nous collégiens, comme si c’était un examen, mais nous sommes arrivés à bien faire le travail, et voilà comment nous avons vécu le 05 juillet 1962 à Sidi Fredj», concluent les deux témoins en vie de ces moments historiques. Le wali de Tipasa, M. Aboubakr Essedik Boucetta compte les inviter à la célébration du 60e anniversaire de l’Indépendance. Un geste unique. Le reste des responsables les ignorent. Ils ont formé des jeunes. Ils ont servi leur pays jusqu’à leurs retraites. L’ingratitude ...

 

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