Après les attaques de bateaux en mer rouge : Un drone frappe un navire au large des côtes indiennes

24/12/2023 mis à jour: 03:17
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L’attaque au large des côtes indiennes a provoqué un incendie à bord d’un navire qui a ensuite été maîtrisé

Un drone a frappé, hier, un navire commercial dans l’océan Indien et provoqué des dommages mais sans faire de blessés, ont indiqué deux agences maritimes, citées par l’AFP, l’une d’elles affirmant que le navire est lié à Israël. L’attaque au large des côtes indiennes, non revendiquée dans l’immédiat, a provoqué un incendie à bord qui a ensuite été maîtrisé, selon l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO. La société britannique Ambrey a, pour sa part, indiqué que «le pétrolier battant pavillon libérien était affilié à Israël» et qu’il faisait route de l’Arabie saoudite vers l’Inde. 

Les deux agences ont déclaré que l’attaque s’est produite à 200 milles nautiques au sud-ouest de Veraval, en Inde. La marine indienne a déclaré avoir répondu à une demande d’assistance. «Un avion a été dépêché sur place et a pu atteindre le navire et assurer la sécurité du navire et de son équipage», a dit un responsable de la marine indienne. 

«Un navire de guerre de la marine indienne a également été dépêché sur place pour fournir l’assistance nécessaire», a-t-il ajouté. Si la responsabilité de cette frappe n’a pas été établie dans l’immédiat, elle fait suite à une série d’attaques de drones et de missiles menées ces dernières semaines par les rebelles houthis du Yémen sur une voie de navigation vitale dans la mer Rouge. 

L’Iran a également été accusé par les Etats-Unis de mener des attaques à proximité de ses eaux. Téhéran est «très impliqué dans la planification» des attaques récentes des rebelles contre des navires commerciaux en mer Rouge, a déclaré, vendredi, la porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche. «Nous n’avons aucune raison de croire que l’Iran essaie de dissuader les Houthis de poursuivre leurs actions irresponsables», a-t-elle ajouté dans un communiqué. 

«Le soutien iranien aux Houthis est solide et se traduit en livraisons d’équipements militaires sophistiqués, en aide en matière de renseignement, en aide financière et en formation», a-t-elle soutenu, observant que la République islamique a «rendu possibles» ces attaques tout en «déléguant les décisions opérationnelles aux Houthis». 

Sans aide de l’Iran, les rebelles yéménites «auraient du mal à repérer et frapper» les bateaux circulant en mer Rouge, selon la même responsable. «Avec la poursuite des crimes, l’Amérique et ses alliés doivent s’attendre à la naissance de nouveaux pouvoirs de résistance et à la fermeture d’autres voies navigables», a réagi Mohammad Reza Naqdi, coordinateur adjoint du CGRI. «Ils devront bientôt s’attendre à la fermeture de la mer Méditerranée, de Gibraltar et d’autres voies navigables contre eux», a-t-il prévenu. 
 

«Properity Guardian» pour contrer les Houthis

Le mois dernier, un cargo israélien a ainsi été endommagé lors d’une attaque de drone présumée menée par le Corps des Gardiens de la révolution islamique iranien dans l’océan Indien, selon un responsable américain. Afin de contrer les attaques des Houthis sur le trafic maritime, le secrétaire à la Défense américain, Lloyd Austin, a annoncé, lundi dernier, la création d’une coalition internationale. Baptisée «Prosperity Guardian», elle est constituée de dix pays, dont font partie le Royaume-Uni, la France, l’Italie, les Pays-Bas, la Norvège, l’Espagne, le Canada, les Seychelles et Bahreïn. Téhéran reconnaît son soutien politique aux Houthis, en guerre depuis 2014 contre le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale mais dément  fournir du matériel militaire aux rebelles. 

De son côté, l’Arabie saoudite, qui dirige depuis huit ans, avec le soutien de l’Occident, une coalition contre les rebelles, ne veut pas mettre en péril les négociations entamées il y a quelques mois avec ces derniers et l’Iran : en septembre, une délégation houthie a été reçue à Riyad même afin de discuter des modalités d’un cessez-le-feu durable.

Les attaques contre les transports maritimes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, le 7 octobre, ont incité les grandes compagnies maritimes à réorienter leurs navires vers la pointe sud de l’Afrique, malgré les coûts de carburant plus élevés pour des voyages beaucoup plus longs. Les rebelles houthis, qui contrôlent des pans entiers du territoire yéménite, dont la capitale Sanaa, ont lancé plus de 100 attaques de drones et de missiles, ciblant 10 navires marchands impliquant plus de 35 pays différents, selon le Pentagone. 

Les Houthis, qui contrôlent une grande partie du Yémen, ont prévenu, mardi dernier, qu’ils continueront leurs attaques. «Même si l’Amérique mobilise le monde entier, nos opérations militaires ne s’arrêteront pas (...) quels que soient les sacrifices que cela nous coûte», a déclaré Mohammed Al-Bukhaiti, un haut responsable des Houthis, sur le réseau social X. Il a ajouté que ces attaques s’arrêteraient seulement «si Israël cesse ses crimes et que la nourriture, les médicaments et le carburant parviennent à la population assiégée de la Bande de Ghaza». 

Le principal porte-parole des Houthis, Mohammed Abdelsalam, a affirmé sur X que les rebelles yéménites ont agi en «solidarité avec le peuple palestinien et contre le blocus» de Ghaza. «Ce n’est ni une démonstration de force ni un défi lancé à quiconque», a-t-il assuré, ajoutant que «l’alliance formée est destinée à protéger Israël». «Les peuples de la région ont le droit de soutenir le peuple palestinien (...) tout comme l’Amérique qui s’est arrogée le droit de soutenir Israël», a-t-il estimé.

De son côté, un autre responsable houthi, Mohammed Ali Al Houthi, a déclaré dans une interview accordée au site d’Al Alam, la chaîne arabophone de la télévision officielle en Iran, que «tout pays qui agit contre nous verra ses navires pris pour cible en mer Rouge», a-t-il averti.

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