Le conservateur Friedrich Merz semble très bien placé pour devenir le prochain chancelier et donner un coup de barre à droite dans le pays, après l’ère du social-démocrate Olaf Scholz.
L'Allemagne a entamé dimanche ses élections législatives dans un climat politique tendu où l'opposition conservatrice apparaît comme la grande favorite. Cette campagne a été marquée par le retour de Donald Trump et la montée en puissance de l'AfD, un parti d'extrême droite. Ce scrutin, suivi de près à l'international, intervient dans un contexte de crise économique et de remise en question des relations transatlantiques, fragilisant le modèle de prospérité du pays. Friedrich Merz, leader des conservateurs, a souligné que l'avenir de l'Allemagne était en jeu, évoquant les menaces économiques et sécuritaires pesant sur la première puissance européenne.
Plus de 59 millions d’électeurs ont jusqu’à 18 heures pour choisir leurs représentants au Bundestag, avec la publication des premières estimations dès la clôture des bureaux de vote. Friedrich Merz semble bien positionné pour succéder à Olaf Scholz et impulser un virage politique vers la droite, les sondages le créditant d’environ 30 % des intentions de vote. L’AfD, de son côté, pourrait obtenir près de 20 %, soit le double de son score de 2021, porté par une campagne axée sur l’immigration et la sécurité. Plusieurs attentats récents, notamment celui de vendredi soir à Berlin où un jeune réfugié syrien a attaqué un touriste près du Mémorial de l’Holocauste, ont renforcé son discours. L’AfD a également reçu le soutien actif de personnalités proches de Donald Trump, dont Elon Musk, qui a multiplié les appels à voter pour Alice Weidel, la tête de liste du parti.
Ces élections interviennent à la veille du troisième anniversaire de l’invasion russe en Ukraine, un conflit qui a profondément bouleversé l'Allemagne en mettant fin à son approvisionnement en gaz russe et en entraînant l’accueil de plus d’un million de réfugiés ukrainiens. La perspective d’une paix négociée sans Kiev inquiète Berlin, tout comme les potentielles sanctions économiques promises par Donald Trump en cas de retour à la Maison-Blanche. Lorsqu’on l’a interrogé sur le scrutin, le président américain s’est contenté d’un laconique « bonne chance », tandis que son vice-président JD Vance a encouragé la fin de l’isolement politique de l’AfD, creusant encore le fossé entre Washington et Berlin. Friedrich Merz, quant à lui, a insisté sur la nécessité pour l'Allemagne d’assumer un rôle de leader en Europe, indépendamment du soutien américain.
La composition du futur gouvernement demeure incertaine. Dans le système parlementaire allemand, la formation d’une coalition peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Malgré une certaine proximité idéologique sur certains sujets, les conservateurs de la CDU/CSU excluent officiellement toute alliance avec l’AfD. Le SPD, crédité d’environ 15 % des voix, apparaît comme le partenaire potentiel le plus probable, bien que son faible score risque d’entraîner la fin de la carrière politique d’Olaf Scholz. Un troisième parti pourrait être nécessaire pour atteindre une majorité. Cette fragmentation parlementaire et la difficulté à bâtir une coalition solide alimentent les craintes d’élections anticipées, un scénario qui pourrait encore renforcer l’AfD.