Zefizef-Amara : «Je t’aime, moi non plus»

23/01/2023 mis à jour: 03:43
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L’actuel président Djahid Zefizef et l’ancien président Charaf Eddine Amara

Ce n’est pas impossible, mais il faudra réaliser un sans-faute tout au long des étapes qu’elle aura à franchir dans les prochains mois. Est-elle parée et prête pour ce challenge grandeur nature qu’elle est appelée à relever ? Difficile de le jurer. Les échos qui remontent des arcanes de la Fédération n’inspirent pas trop à l’optimisme. Le climat ambiant laisserait à désirer. C’est un secret de Polichinelle qu’illustre l’épisode singulier qui s’est déroulé au Sheraton lors de la réunion du comité d’organisation du CHAN-2022 et dont les deux acteurs principaux étaient… des Algériens et pas n’importe qui. A savoir l’actuel président Djahid Zefizef et l’ancien président Charaf Eddine Amara. Dans une scène ubuesque, le premier a fait savoir qu’il n’assistera pas à la réunion du CO-CHAN si le second y participe. Cette scène a fait désordre sous les yeux ébahis des dirigeants de la CAF et invités de l’Algérie. C’est ce type de comportement qui ternit l’image du football algérien et son aura. Cet instantané a choqué les présents. Au lieu d’avancer en rangs serrés, c’est la division qui a été choisie. Cette scène fera date et les délégués africains, témoins sur place, se souviendront au moment de faire des choix, et trancher. Djahid Zefizef de par sa qualité de président de la FAF avait le droit, bien sûr, d’assister à ladite réunion. Mais pourquoi refuser la présence de son prédécesseur à la réunion organisée sous l’égide de la CAF qui, elle-même, a invité Charaf Eddine Amara à assister aux travaux de la réunion ? La CAF lui a lancé l’invitation, en tant que membre d’une commission permanente (celle des finances), sans imaginer un seul instant que la fédération algérienne qu’il a présidée durant une année et demie s’y opposera. Malheureusement, c’est ce qui est arrivé. Mieux encore, il y a quelques mois la FAF a demandé à la CAF le dessaisissement de Charaf Eddine Amara de la commission des finances. La doléance n’a eu aucun écho. L’ancien président de la FAF continuera de siéger au sein de la  commission. Cet épisode n’a pas été trop médiatisé. Il confirme que beaucoup de choses ne fonctionnent pas bien dans le football algérien. Il pose le problème de la responsabilité des dirigeants dans la déliquescence du football. Alors que l’Algérie fait face à une féroce adversité extérieure et fait l’objet d’incessantes attaques et campagnes de déstabilisation orchestrées de l’étranger, des responsables en poste dans les différents départements et segments du sport en général et du football en particulier, n’arrivent pas à mesurer l’importance de leurs missions. Ce feuilleton a des relents de règlements de comptes directs ou par personnes interposées. Gorge profonde indique : «L’incident au Sheraton a sonné le glas de l’élection de Charaf Eddine Amara au Comex de la CAF, prévu en mars à Kigali. L’Algérien était fortement pressenti pour arracher un siège. Des dirigeants influents de la FIFA et la CAF lui ont promis de l’aider à charge pour lui d’obtenir le mandatement de sa fédération.» Il ne l’aura jamais. Il n’était pas dans les petits papiers de la FAF. Son grand tort ? Il est accusé de «saboter l’action de l’actuel président». Il faut avouer que le courant n’est jamais bien passé entre les deux hommes. Surtout depuis le départ de l’un et l’arrivée de l’autre à la fédération. Un habitué des allées de Sidi Moussa dévoile : «Zefizef n’a pas apprécié qu’Amara ait demandé à consulter la lettre de démission de l’intéressé du bureau fédéral en 2018.» Entre les deux hommes, cela n’a jamais été le grand amour. Un ancien membre du bureau fédéral ajoute : «Un soir, Amara a invité à dîner des dirigeants africains venus assister au tirage au sort du CHAN. De bouche à oreille, l’information a fait le tour d’Alger. Certains ont crié au complot contre la FAF et son premier responsable.» Ça tombait bien. Amara était déjà dans le collimateur de certains qui ne lui ont pas pardonné des décisions qu’il a prises durant son court mandat et qui ont heurté certains (ils se reconnaîtront facilement). Au royaume du football, rien ne fonctionne bien. Est-ce normal que ce soit la CAF qui donne à l’ancien président de la FAF «une invitation hospitalité»  pour qu’il puisse accéder à l’espace VIP, sachant qu’il est un sponsor du CHAN-2022 via Madar ? Tout cela n’a pas échappé aux membres de la CAF. Ils s’en souviendront certainement à l’heure des choix. 

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