Vente-dédicace de l’essayiste Lydia Haddag à la librairie du Tiers-Monde, à Alger : «Le Môle d’Alger», pôle position artistique

17/05/2022 mis à jour: 03:17
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Photo : D. R.

L’essayiste Lydia Haddag a signé son ouvrage La génération du Môle d’Alger paru aux éditions Casbah, le 14 mai à la librairie du Tiers-Monde, place Emir Abdelkader, à Alger.

Native d’Alger, Lydia Haddag, 27 ans, est chercheuse en histoire de l’art. Diplômée de sciences Po Paris et de l’EHESS, elle a reçu la bourse doctorale de la Fondation Martine Aublet pour la réalisation de sa thèse consacrée aux mondes de l’art maghrébins au XXe siècle. Lydia Haddag est doctorante en histoire de l’art à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne, rattachée au laboratoire de recherche InVisu (CNRS/INHA).

Ses recherches, dirigées par Mercedes Volait et Alain Messaoudi, portent sur l’histoire des collectifs d’artistes entre Alger et Tunis, des années 1930 à 1990. Sa thèse est financée par la bourse doctorale de la Fondation Martine Aublet (2020-2021).

Diplômée du Master Cultural Policy and management de Sciences Po Paris et du master arts, littératures, langages de l’EHESS, elle a soutenu en 2020, sous la direction de Jocelyne Dakhlia, un mémoire de recherche consacré au peintre Sauveur Galliero et à la génération du Môle d’Alger. Elle a travaillé au sein de musées et de structures culturelles à Paris et à New York, ainsi qu’à l’Unesco. Elle s’intéresse particulièrement aux politiques culturelles en Méditerranée et aux liens entre arts visuels et poésie.

«C’est un travail d’historien»

Lydia Haddag, à propos de son essai La génération du Môme d’Alger paru aux éditions Casbah, indique : «C’est un travail d’historien.» «L’idée d’un art moderne algérien est intimement liée à l’histoire coloniale du pays. La conquête territoriale de 1830 signe la fin de Régence d’Alger et s’accompagne d’une conquête (coloniale) esthétique qui importe des pratiques artistiques considérées comme exogène au Maghreb.

C’est le cas de la peinture sur chevalet, impulsée par les orientalistes étrangers puis promue par les politiques d’assimilation culturelle sous la IIe République(française)… Au-delà de sa dimension monographique, cet essai, La génération du Môle d’Alger, est donc un premier pas pour retrouver le sens de cette «génération perdue», avec Sauveur Galliéro, à sa tête un artiste singulier et pluriel au sein des études méditerranéennes et postcoloniales.

Et parce que les avant-gardes artistiques sont révolutionnaires et transnationales, aux circulations ou aux mobilités artistiques, ou encore aux engagements politiques des artistes. Quels ont été les enjeux politiques, sociaux, culturels qui ont traversé puis transformé la génération du Môle ? Que disent-ils de la modernité picturale en Algérie coloniale ?» Dans ce livre, il y a le quartier de la Marine avec son Amirauté et sa jetée Kheir Eddine, sa pléiade de peintres, d’écrivains et de poètes, ses baigneurs et ses militants politiques.

Il y a Sauveur Galliéro, Jean Sénac, Himoud Brahimi, M’hamed Issiakhem, Choukri Mesli, Mohamed Dib et Mustapha Kateb. Ensemble, ils ont constitué la génération du Môle d’Alger. Entre révolution artistique et art révolutionnaire, cet essai richement documenté met en lumière un groupe méconnu qui, à la manière d’une «Internationale des peuples de la mer», a marqué les mondes de l’art algérois du XXe siècle.

Choukri Mesli, Issiakhem, Jean Sennac et les autres

«Le Môle d’Alger était un point névralgique. Avec la jetée de Kheireddine. C’était un richesse de la ville d’Alger. Une jetée protégée des invasions étrangères au XVIe Siècle. Le Môle d’Alger, c’est dans l’imaginaire du Saint Patron Sidi Brahim El Bahri Essalami portant chance aux marins et aux riverains, selon la légende. L’expédition d’Alger menée par Charles Quint entre le 20 octobre et le 1er novembre 1541 sera un camouflet, un échec magistral face à cette forteresse marine.

L’élément fédérateur regroupant ce quartier général, le Môle d’Alger, se trouve au quartier de La Marine, le café Ouzeguen, des fiefs anticoloniaux…» «Mon travail est une recherche d’historien… Le Môle d’Alger, est une révolution de l’art moderne. Mohammed Khedda parle de fécondation, de greffe(artistique). Ou on y a réussi à déterrer cela vers un art officiel, libre et totalement décolonisé. Sauveur, est né à la Casbah, il parle arabe, il est issu d’un milieu populaire.

Le Môle d’Alger, voit se croiser Mohammed Dib, Choukri Mesli, Kateb Yacine, Issiakhem, Jean Sennac. Ils sont de dimensions méditerranéennes. Un ancrage méditerranéen civilisationnel révolutionnaire. Mesli était un maquisard, un révolutionnaire. Albert Camus signera même la préface d’u ouvrage de Sauveur Galliéro. Ils fréquenté ensemble le même lycée Bugeaud. Sauveur Galliéro était un artsite, un bohème, un «hippie» avant l’heure, un humaniste. Ils étaient en avance sur leur temps.

C’est important pour moi d’éditer cet essai en Algérie, chez Casbah Editions. Une symbolique historique rendue aux concernés...» Lydia Hadag a de nombreux projets notamment celui poétique et un essai sur ce groupement artistique en Alger et Tunis, entre 1930 et 1980. Des ponts artistiques entre les deux pays même lors du GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne)… Un ouvrage à lire et relire. K. Smaïl

La génération du Môle d’Alger

Lydia Haddag

Casbah Editions ISBN : 978 9947 62 308 4 224 pages -16x24 cm

Prix : 850DA

https://casbah-editions.com/https://fr-fr.facebook.com/casbaheditions/


 

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