Tourisme et patrimoine historique à Boumerdès : Ces sites qui demeurent méconnus

14/09/2022 mis à jour: 15:02
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Un fort potentiel touristique en attente de valorisation.

Avant de devenir un phénomène de masse, le tourisme a d’abord été une pratique culturelle. Chez nous, le mot tourisme renvoie aux plages. C’est le cas à Boumerdès, une wilaya qui renferme pourtant des dizaines de sites naturels et historiques qui peuvent attirer des milliers de touristes. 

Sur le papier, tous les plans d’aménagement territorial et touristique insistent sur la nécessité de développer le tourisme de montagne et culturel. Sur le terrain, la situation laisse à désirer. La wilaya compte plus de 100 sites historiques et archéologiques, mais aucun d’eux n’est classé ou aménagé en vue de sa préservation. L’état dans lequel se trouve le site romain de Baghla aux Issers qui s’étale sur plus de 20 hectares ou encore le mausolée de Bekouche à Ouled Aïssa ou le château des Nubels à Thénia en est l’illustration parfaite. On peut citer aussi la grotte préhistorique d’Ammal et celle d’Afir décrites par de nombreux archéologues, Ghar Bouyafri dit la cascade à Bordj Ménaïel, le barrage romain de Talla Ghouanim à Chabet El Ameur, le petit fortin antique de Figuier, le fort antique d’Aït Saïd, etc. 

Tous ces sites sont méconnus du grand public, voire même des services chargés de les valoriser et d’en faire des endroits pouvant contribuer à l’essor du tourisme. Toutes les civilisations ont laissé leurs empreintes dans la région. 

Sur les hauteurs d’Ammal, la source de Aïn Soltane, construite par le général ottoman Omar Pacha, reste presque intacte. Ce qui n’est pas le cas du site antique de Oued Larbaâ à Djenet, les vestiges du mausolée de Firmus à Si Mustapha, les vestiges du fort antique de Lalla Touilla à Légata et le «castellum Tullei» de Naciria où ont été découverts à l’époque coloniale deux épitaphes qui sont au musée d’Alger, précise Hamoud Ibaouni, un cadre retraité qui mène des recherches sur l’histoire de la région. 

Le plan d’aménagement touristique cite quelques zaouïas à Dellys et Zemmouri, mais ne fait pas référence aux autres sites qui retracent l’histoire de la région. Les autorités dépensent des milliards annuellement pour aménager les plages, mais n’ont alloué aucun centime pour la préservation des lieux qui témoignent de l’histoire millénaire de la wilaya. Même La Casbah de Dellys est délaissée. 

Seules la mosquée et les habitations (17) longeant la RN24 ont été restaurées. En 2017, une étude a été réalisée en vue de réhabiliter une centaine d’autres maisons. En vain. La wilaya compte aussi des forêts magnifiques et d’autres sites naturels d’une beauté inégalée. Pour diversifier l’offre touristique, des forêts récréatives devaient être créées en 2018 à Zemmouri, Dellys et Khemis El Khechna, mais le projet est tombé à l’eau. 

Les barrages d’eau comme ceux de Hamiz, Keddara, Sidi Daoud, Cap Djenet et Naciria pourraient aussi constituer des attractions touristiques si des aménagements étaient réalisés.
 

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