Sider El Hadjar : 25 000 tonnes de fonte liquide dans la fosse

28/11/2023 mis à jour: 08:35
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Photo : D. R.

A Sider El Hadjar, entre septembre 2022 et septembre 2023, soit une année, on a déversé une importante quantité de fonte liquide dans la fosse (fonte cassée), estimée à quelque 25 000 tonnes. Cela représente un montant de traitement par une entreprise privée sur place de plus de 77.66 millions dinars (+543 000 dollars).»

C’est ce qu’on a relevé à l’unité de Fersid, spécialisée dans le traitement des déchets ferreux et non ferreux, relevant du complexe Sider El Hadjar, dont les responsables du complexe ont été saisis officiellement. Parallèlement, Sider El Hadjar dispose, selon les sources d’El Watan, de trois machines à couler, des équipements qui évitent à la fonte liquide d’être cassée en la transformant en gueuze, très convoitée par le marché international.

«Malheureusement, avec une capacité de production nominale de 30 000 tonnes/an, deux sur ces trois machines sont à l’arrêt depuis 2011. Pire, les différents responsables qui se sont succédé à la tête du haut-fourneau (HF) n°2 et la zone chaude (MPF) n’ont fait aucun effort pour résoudre ce problème, malgré l’importance du manque à gagner pour l’entreprise.

Même si la mécanique de ces machines à couler est simple, impliquant une réparation peu coûteuse, aucun parmi eux n’a daigné les réparer au grand bonheur d’une entreprise privée sous-traitante», regrettent des cadres de Sider El Hadjar. «Pour comprendre ce manque à gagner dont la trésorerie du complexe en est la victime, la fonte liquide provient du HF n°2. Sider El Hadjar est dotée de sa propre voie ferrée, d’une zone qui traite la fonte en gueuse, des engins et d’une unité au port de Annaba pour assurer l’export de ce produit, très recherché par les industriels étrangers pour la construction des grosses pièces et autres alliages. Les prix oscillant entre 300 et 400 dollars/tonne.

Ce qui n’est pas le cas pour les 25 000 tonnes de fonte cassée en question. Déversées dans une fosse à l’état liquide, traitées et récupérées par une prestation privée, qui lui fait subir le décapage, l’oxycoupage, le chargement et le transport contre un total de 77,66 millions de dinars. Son transfert vers l’unité du port de Annaba pour l’exporter coûte 400 DA/tonne pour une transaction à l’international qui varie entre 200 à 300 dollars/tonne.

Si les 25 000 tonnes de fonte cassée avaient été transformées en gueuse et exportées contre un prix moyen de 350 dollars/tonne, Sider El Hadjar aurait gagné nettement, après déduction des charges de transport, plus de deux millions de dollars, sachant que l’augmentation de la production de la fonte cassée entraîne l’augmentation du manque à gagner», détaille un expert en sidérurgie.

Qui assume la responsabilité dans cette affaire qui coûte cher à Sider El Hadjar depuis 2011 ? Pourquoi on n’a pas prévu la réparation des deux machines à couler lors de la rénovation du HF n°2 pour faire gagner des millions de dollars au complexe ? En attendant la réponse à ces interrogations, une lumière vient de jaillir dans ce tableau assombri par la «mauvaise gestion».

En effet, la Banque extérieure d’Algérie (BEA) a enfin accordé un important prêt bancaire à Sider El Hadjar. Cet accord vient au lendemain de l’installation d’un nouveau président-directeur général (PDG) dont l’expertise est confirmée et l’arrivée d’une cargaison de coke métallurgique. Cependant, le haut-fourneau n°2 est toujours à l’arrêt. A suivre… 

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