Produits pharmaceutiques onéreux : L’exigence de la pharmaco-économie pour favoriser l’accès aux soins

20/03/2022 mis à jour: 06:02
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La pharmaco-économie constitue désormais une exigence dans l’élaboration des options thérapeutiques, notamment pour l’introduction des médicaments innovants. 

Ce qui nécessite des évaluations économiques afin d’estimer les coûts non seulement sur le plan efficience. Ce sont ainsi les principales questions débattues hier lors des premières journées internationales sur l’évaluation des technologies de santé placée sous le thème «Implémentation de la pahrmacoéconomie en Algérie. 

Challenge et perspectives», organisées par la Société algérienne de pharmacie clinique en collaboration avec l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP) et la Société algérienne de médecine interne. L’approche préconise donc la mise en place des mécanismes et les outils d’évaluation pour une maîtrise des coûts et aider à la prise des décisions. Ce qui doit passer obligatoirement, selon les spécialistes, par une approche multisectorielle et pluridisciplinaires afin d’avoir toutes les données, mettre en place les outils d’évaluation et mieux maîtriser les coûts, la budgétisation, les études d’impact de budget, la part des dépenses, dont le but est la rationalisation de ces dépenses. Ces critères sont désormais inclus dans la nouvelle réglementation mise en place par le ministère de l’Industrie pharmaceutique à travers les différentes directions centrales. 

Ainsi, cette réforme a concerné plusieurs aspects liés à la gestion du médicament depuis sa fabrication, son importation, son enregistrement, son contrôle, la fixation de prix, sa distribution et sa dispensation. Ces premiers textes réglementaires, notamment l’arrêté sur la fixation des prix qui sera révisé prochainement, ont permis de débloquer les nombreux dossiers de médicaments en attente d’enregistrement. 

Revenant sur cette approche réglementaire, le Dr Reda Kessal, directeur de la veille stratégique au ministère de l’Industrie pharmaceutique et président du comité économique intersectoriel des médicaments, a souligné que le ministère de l’Industrie pharmaceutique a récupéré plus de 2500 dossiers d’enregistrement auprès de son homologue de la Santé, qu’il a débloqués. «A ce jour, 1670 produits ont été traités au comité des prix en 2021, dont 1300 relèvent de la fabrication locale. 

Par ailleurs, 27 médicaments biosimilaires ont été enregistrés à ce jour pour pallier à la situation monopolistique et baisser les prix de ces produits, avec une économie prévisionnelle de 100 millions de dollars», a déclaré le Dr Kessal, et devait être générée pour l’année 2022 à l’issue de l’appel d’offres de la PCH lancé en octobre 2021 et non encore exploité.

 Le directeur de la veille stratégique se félicite également de l’exploit réalisé par son département et le ministère de l’Industrie pharmaceutique, qui consiste en le transfert de 38 molécules importées vers la fabrication locale. Parmi elles, il y a 14 produits d’oncologie et des biosimilaires commercialisés par la PCH et dans le marché de veille. Il estime, à travers ce transfert, une économie prévisionnelle de 50 millions de dollars, soit 50% de la facture à l’importation. Il a également signalé que durant la pandémie, 160 produits utilisés dans la prise en charge de la Covid-19 ont bénéficié d’une révision des prix à la hausse. 

Pour sa part, le Dr Reda Belkacemi, sous-directeur de l’évaluation économique, a développé la thématique relative aux produits innovants utilisés principalement en oncologie, les maladies inflammatoires chroniques et les maladies rares, qui s’inscrivent justement dans cette approche d’évaluation et d’étude de pharmaco-économie et démontrent le rentabilité de ces produits sur les maladies. «Conformément aux instructions du ministre de l’Industrie pharmaceutique et aux dispositions réglementaires en vigueur, en l’occurrence le décret relatif à la veille technologique permettant l’accès aux médicaments innovants, un groupe de travail sera installé pour justement étudier la question dans sa globalité en prenant en compte les paramètres scientifiques et économiques, à savoir le coût/efficacité, les gains en matière de survie des parents et l’analyse de l’impact budgétaire.» 

Le directeur de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques, le Pr Kamel Mansouri, a affirmé que, dans le cadre de cette procédure, l’Agence a répertorié les demandes d’enregistrement de ces médicaments, notamment ceux liés à l’oncologie, l’hémophilie, les maladies rares, l’hématologie, les dérivés sanguins. «Le travail est déjà amorcé et une liste de ces produits a été élaborée. 

D’autres médicaments seront introduits et soumis à l’étude au sein de cette commission», nous a-t-il confié. A noter que d’autres thèmes portant sur l’apport des données cliniques pour l’évaluation de la valeur thérapeutique, les nouvelles technologies en santé, le procédé des contrats innovants et le cadre légal sont au programme de ces journées pharmaceutiques, qui prendront fin aujourd‘hui.

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