Proche-Orient : L’émir du Koweït cheikh Nawaf inhumé dans l’intimité

18/12/2023 mis à jour: 02:09
AFP
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L’émir du Koweït, cheikh Nawaf Al Ahmad Al Sabah, a été enterré, hier, après une cérémonie privée à laquelle ont pris part des membres de la famille régnante et quelques proches. 

Enveloppé du drapeau koweïtien, le cercueil de l’émir a été transporté dans une mosquée du Koweït pour des prières, avant une cérémonie funèbre retransmise par la télévision d’Etat. L’assistance était limitée aux membres de la famille régnante qui ont fait des adieux intimes au souverain qui a régné pendant trois ans, mais qui a été impliqué pendant des décennies dans les affaires de ce petit pays du Golfe riche en pétrole. 

Le président du Parlement koweïtien était également présent aux obsèques, ainsi que le nouvel émir, cheikh Mechaal Al Ahmad Al Jaber Al Sabah, qui devrait prêter serment devant le Parlement mercredi. Il recevra aujourd’hui et demain des condoléances du grand public. 

Lors de la cérémonie d’hier, des rangées de proches se sont tenues devant la dernière demeure du défunt pour des prières. Certains se sont accroupis devant sa tombe et ont récité des versets du Coran. 

Plus tard dans la journée, cheikh Mechaal, désigné nouvel émir du Koweït samedi, peu après l’annonce du décès de son prédécesseur, a reçu des dirigeants étrangers venus lui présenter leurs condoléances. Parmi eux figurent le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, le roi Abdallah II de Jordanie ou encore le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa Al Khalifa. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, et le Premier ministre irakien, Mohamed Chia Al Soudani, font également partie des hauts responsables reçus par le nouveau souverain. Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, devrait, pour sa part, conduire une délégation américaine au Koweït avant une tournée régionale qui le conduira à Bahreïn et au Qatar. Samedi, plusieurs chefs d’Etat ont salué la mémoire de l’ancien émir. 

Les drapeaux ont été mis en berne, les administrations seront fermées pour trois jours, alors que 40 jours de deuil ont été décrétés. 

Dans la ville de Koweït, de grands panneaux numériques affichaient des photos du défunt et des textes louant sa «sagesse». Né en 1937, cheikh Nawaf a été nommé prince héritier en 2006 par son demi-frère, cheikh Sabah Al Ahmad Al Sabah, et a pris la relève en tant qu’émir, à la mort de ce dernier en septembre 2020. 

Le nouvel émir, Mechaal Al Ahmad Al Jaber Al Sabah, est âgé de 83 ans, et la question qui se pose désormais est de savoir si la famille régnante va choisir un prince héritier plus jeune. La disparition de cheikh Nawaf et l’âge avancé de son successeur augmentent les incertitudes dans un pays secoué par les divisions au sein même de la famille régnante des Al Sabah, dont certains membres accusent d’autres de corruption ou de conspiration. 
Le nouvel émir, nommé prince héritier en 2020, a passé l’essentiel de sa carrière dans le domaine de la sécurité et du renseignement. Il a notamment occupé le poste de ministre de l’Intérieur. Le Koweït est plongé depuis plusieurs années dans une profonde crise entre les pouvoirs exécutif et législatif. 

Doté de réserves en pétrole parmi les plus importantes au monde, ce pays est extrêmement riche mais l’instabilité a ralenti les réformes et le développement des infrastructures, comme celles à l’œuvre chez ses voisins, au premier rang desquels le Qatar, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis. Les 4,5 millions d’habitants, dont 1,3 million de Koweïtiens, se plaignent régulièrement de la détérioration des infrastructures et des services publics. 
 

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