LSP/LPA à Boumerdès : Les chantiers à la traîne

14/09/2023 mis à jour: 03:55
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Des souscripteurs attendent la livraison de leurs logements depuis huit ans - Photo : D. R.

L’AADL devait reprendre plusieurs projets en souffrance, mais ses efforts butent sur de nombreux obstacles.

Les projets de logement promotionnels aidés (LPA /ex-LSP), alloués au profit des localités de la wilaya de Boumerdès, battent des records en termes de retard dans la réalisation. Les dernières statistiques font état de plus de 3000 logements dont les délais de livraison sont dépassés depuis plusieurs années. Les cas les plus édifiants sont les chantiers de Hammadi (50), Figuier (100), Ouled Haddadj (48), Naciria (100 + 50), Bordj Menaïel (130), Souk El Had (50), Chabet El Ameur (80), etc.

Livrés au diktat des promoteurs, les souscripteurs multiplient les requêtes en direction des autorités, mais ces dernières semblent désarmées face aux contraintes que connaît ce programme. «L’entrepreneur nous a arnaqués. Il y a des gens qui lui ont versé 70 millions en 2016. Il a fait des terrassements avant d’abandonner le chantier quelques mois plus tard. Maintenant, on ne sait plus à qui se plaindre», dira un souscripteur à un programme LPA à Sablière.

Un autre ayant postulé pour le projet des 100 LSP à Figuier dit avoir versé la totalité du prix du logement au promoteur Quobat El Arab, sans rien obtenir en retour.  «Cela fait huit ans que j’attends. Le projet n’a pas dépassé 60% d’avancement alors qu’il devait être livré en juin 2022», dénonce-t-il, soulignant que la plupart des postulants sont des locataires à faibles revenus. 

Selon nos sources, même le quota des 1000 LPA réparti en 2018 sur une dizaine de communes de la région peine à démarrer, malgré l’établissement des listes des bénéficiaires. Après plusieurs mises en demeure, restées sans effets, contre les promoteurs défaillants, les autorités locales appellent l’AADL au secours en lui confiant plusieurs chantiers. La décision, prise fin 2022, a été saluée par plus d’un, mais ses objectifs sont loin d’être atteints.

La démarche a buté sur plusieurs obstacles. Selon Ferhat Bougaba, président de la commission de l’Urbanisme et de l’habitat à l’APW, l’AADL devait reprendre une dizaine de projets englobant plus de 1500 logements. Néanmoins, seulement trois chantiers se trouvant sur un seul site à Boudouaou (50+50+80) commencent à voir le bout du tunnel. Les autres n’ont pas bougé d’un iota, déplore-t-il. Les litiges ne manquent pas.

La justice met parfois plusieurs mois, voire des années pour y statuer. Parfois, même l’administration ne joue pas son rôle. En effet, au moins huit promoteurs n’ont pas encore obtenu les actes de propriété du terrain, document incontournable pour la délivrance du permis de construire et le lancement de n’importe quel projet. Le cas du chantier des 100 LSP de Naciria ou celui des 50 de Souk El Had, sont édifiants.

Le premier est bloqué depuis  plus de quatre ans à cause d’une opposition de l’OPGI qui réclame la propriété d’une partie du terrain abritant le projet. Le problème d’absence d’acte de propriété aura retardé également la réalisation de trois projets à Dellys et d’autres à Khemis El Khechna (40), Chabet El Ameur (80), Bordj Menaiel (100+100), Ouled Haddadj (50), etc.

Partout, des souscripteurs s’élèvent pour dénoncer le chantage des entrepreneurs qui leur exigent le versement de la 1e ou  la 2e tranche avant l’obtention des contrats de vente sur plan et autres documents nécessaires pour l’obtention de l’aide du FNPOS ou d’un crédit bancaire. Beaucoup parmi eux sont des locataires ne pouvant supporter indéfiniment les frais du loyer. Le rêve d’obtenir un logement ne les a sûrement jamais quittés.

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