L’eau, entre politique et éducation

04/09/2022 mis à jour: 00:25
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Pour beaucoup de citoyens, l’eau ne vient ni du ciel ni du ventre de la Terre, mais tout bonnement du robinet. Point n’est donc besoin d’économiser une ressource que l’on croit infinie et dont on peut disposer à profusion par un simple geste de la main, comme par magie. Quand vous tombez quotidiennement sur des scènes de conduites qui fuient de jour comme de nuit, de citoyens qui lavent à grande eau leurs voitures ou le trottoir en face de leur maison, par ces temps de stress hydrique et de sévère sécheresse, vous comprenez alors qu’il est plus qu’urgent de changer le rapport de l’Algérien à cette eau qui ne cesse de se raréfier. 
 

Dans la culture et la tradition de nos ancêtres, l’eau et le pain ont toujours été sacrés. Pour nos parents et grands-parents, gaspiller ces éléments qui sont la base même de la vie était un crime doublé d’un péché impardonnable. Petits, quand on trouvait un bout de pain qui traînait par terre, on l’embrassait, on le portait à son front comme pour lui demander pardon de cette profanation avant de le mettre à l’abri. L’eau était d’autant plus précieuse qu’il fallait aller la chercher à dos d’homme ou de bête de lointaines sources. 

Ce n’est plus le cas dans la société de surconsommation et de gaspillage que nous sommes devenus. L’Algérien jette le pain dans les poubelles et laisse couler l’eau dans les égouts et les avaloirs. Il est donc urgent de se réapproprier ces valeurs de respect de la vie, de la nature, de l’environnement que nous avons perdues depuis l’indépendance, dans notre chemin chaotique vers un illusoire progrès technique. 
 

Il nous faut réapprendre à respecter le vivant : l’humain, l’animal, le végétal puis l’eau et la nourriture qui les maintient en vie. C’est un problème d’éducation, de civilisation, de philosophie et de vision même de la vie. Pour cela, un grand effort national doit être entrepris par l’école, la famille, les médias, le mouvement associatif et la société en général. Nous devons apprendre à économiser cette ressource vitale qu’est l’eau, arrêter de la gaspiller aussi bien dans nos gestes quotidiens que par la pollution de nos cours d’eau, nos sources et nos nappes phréatiques.
Les changements climatiques et la pression démographique ne cessent de s’accentuer sur cette ressource vitale devenue un enjeu mondial. D’après les experts, 2,1 milliards d’êtres humains sont privés d’accès sécurisé à l’eau potable. 
 

De par sa situation géographique, l’Algérie est au premier rang des pays qui risquent de manquer d’eau dans les années qui viennent à cause de tous ces facteurs. Cette eau indispensable à son agriculture, son industrie, sa population, il faudra avoir une politique rigoureuse et novatrice dans sa gestion. A l’avenir, il faudra multiplier les sources de production de l’eau pour en capter le maximum, limiter la pollution des ressources existantes, recycler systématiquement les eaux usées et, surtout, apprendre à utiliser nos ressources de manière durable et raisonnable. Sur ces quatre préceptes, si les trois premiers sont techniques, le quatrième fait appel à l’éducation, au civisme et à la culture. Et c’est ce qui, hélas, nous fait le plus défaut. 

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