La CAF complice d’une cabale contre l’Algérie

17/01/2023 mis à jour: 19:04
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Le communiqué de la Confédération  africaine de football (CAF), publié le 15 janvier 2023, «au sujet des propos politiques tenus lors de la cérémonie d’ouverture du Championnat d’Afrique des nations Total Energies Algérie 2022», ce sont les termes employés par la CAF, a fait désordre en Algérie. La sortie de la CAF en a surpris plus d’un par le contenu du message délivré. Elle indique que «des propos politiques (ont été) tenus lors de la cérémonie d’ouverture du CHAN-2022» en référence à un passage du discours d’un invité, le petit-fils de Nelson Mandela, qui a crié : «Palestine Free» (Palestine libre) et «la fin de l’occupation des territoires de la République démocratique du Sahara occidental, la dernière terre en Afrique sous la colonisation marocaine». En quoi la déclaration de l’invité sud-africain dérange ? L

a CAF a perdu une belle occasion de se taire et de s’éloigner vraiment des chemins sinueux de la politique. Elle a souligné : «La CAF doit s’abstenir de s’impliquer dans la politique et rester neutre sur les questions de nature politique.» Elle a fait le contraire de tout ce qu’elle a clamé. Elle est intervenue directement dans un débat qu’elle a rejeté dans sa déclaration. Elle s’est arrogé le droit de prendre parti en faveur du colonisateur, le Maroc, et dénié le droit au petit-fils du héros africain de manifester sa solidarité avec les peuples de Palestine et du Sahara occidental. La CAF a fait une intrusion claire et nette dans la politique. Ses statuts le lui interdisent. Malgré cela, elle l’a fait. Le communiqué de dimanche est une menace à peine voilée contre l’Algérie et son football. Le président de la Confédération porte l’entière responsabilité de cette dérive. Alors que l’Algérie a tout fait pour que le CHAN soit une réussite totale, elle a mobilisé tous les moyens et réglé le pouls de la société au rythme de la fête de la jeunesse et du football africain, ses illustres hôtes, la CAF et la FIFA, ont versé dans la provocation. Interrogé dimanche soir sur le contenu du communiqué de la CAF, le président Patrice Motsepe aurait répondu : «C’est un communiqué de presse émanant de la direction de la communication.» Est-ce possible que le service communication ait pu balancer ce document sans l’aval du président ? Impossible. Mieux. Le premier responsable de la direction de la communication est un compatriote du patron de la CAF, répondant au nom de Luxolo September, qu’il a lui-même ramené dans ses bagages lorsqu’il a été élu président de la CAF en 2021. La sortie de la CAF, en plein CHAN, a un seul objectif. Nuire à l’Algérie. Le mobile de la provocation a un lien étroit avec les derniers événements survenus la veille du début du CHAN. Le président de la CAF et son collègue de la FIFA ont fait une entorse à la neutralité qu’ils sont tenus d’observer en toute circonstance dans la gestion du football. Ils se sont transformés en avocats du Maroc qui a refusé délibérément de venir en Algérie et de participer au CHAN. Tous les arguments que ses dirigeants ont avancés manquent de consistance. Il y a quelques mois, les athlètes marocains ont participé aux Jeux méditerranéens d’Oran, ils ne sont pas arrivés directement du Royaume, ils ont reçu un accueil chaleureux. Les meilleures conditions de séjour leur ont été réservées au CHAN, tous les moyens ont été mis à la disposition de la délégation pour lui garantir un très bon séjour. Malheureusement, le Maroc a délibérément tourné le dos aux bons gestes et intentions du pays organisateur du CHAN. C’est encore une manœuvre marocaine à l’approche de la réunion du Comex de la CAF pour l’attribution de l’organisation de la CAN-2025. L’Algérie ne mélange jamais la politique et le sport. Un problème politique reste un problème politique. La preuve, une s’il en faut, la manière avec laquelle la délégation marocaine a été prise en charge aux Jeux méditerranéens d’Oran. Quant à la CAF et la FIFA, elles devraient méditer sur deux sujets où elles ont gravement failli à leur devoir de neutralité et s’éloigner de la politique. En 2018, lors du CHAN organisé au Maroc, la cérémonie d’ouverture a été marquée par les paroles d’une chanteuse marocaine qui a martelé : «Le Sahara occidental est un territoire marocain», mais cela n’a suscité aucune réaction de la CAF, contrairement à son emballement manifesté contre les propos du petit-fils de Madiba. La FIFA, elle aussi devrait balayer devant sa porte avant de donner des leçons aux autres sur la ligne rouge entre le sport et la politique. Ce ne sont pas les casseroles qui lui font défaut. La dernière en date est le bannissement du football russe de toutes les compétitions footballistiques en raison du conflit russo-ukrainien. Pourtant ses statuts interdisent toute interférence du politique dans le football. L’Algérie doit se préparer à faire face à une cabale menée conjointement par le Maroc, la CAF et la FIFA.

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