Un maître chanteur hors normes

13/02/2025 mis à jour: 19:37
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Pauvre Mexique si loin du bon Dieu et si proche des Etats-Unis.» Le président mexicain Porfirio Diaz, à la tête du pays dans les années 30, avait des tas de raisons de se lamenter du voisinage avec l’Oncle Sam. A l’époque déjà, l’Amérique latine était sous la totale influence des Américains, une influence qui se renforcera à partir des années 40 avec la création de la CIA.

Cette Amérique belliqueuse, agressive, dominatrice, on la retrouve aujourd’hui avec l’étrange Donald Trump. Avant même son entrée en fonction, ce promoteur immobilier porte-flambeau de l’extrême droite américaine, s’est fendu d'un discours inquiétant qui fait peur aux alliés traditionnels des Etats-Unis, y compris en Israël où la gauche y voit un danger pour l’avenir de l’Etat hébreu.

On découvre un homme qui ne pense qu’à l’argent, qui croit que tout se marchande, que les êtres humains se vendent et s’achètent.  Il a sidéré la planète entière, par exemple, en annonçant un projet pour déporter les Palestiniens de Ghaza en Egypte et en Jordanie, avec un aller sans retour, et faire de cette enclave, qui sera alors américaine, la Côté d’Azur du Proche-Orient. Il a trouvé un seul homme pour l’approuver : le psychopathe Benyamin Netanyahu, qui détruirait la Terre s’il le faut pour rester au pouvoir afin d’échapper à la prison qui l’attend.

Il a trouvé l’idée trumpiste «révolutionnaire» et il y adhère totalement. Tous les pays qui se sont exprimés sur ce projet l’ont fermement condamné.  Olivier Schultz, pourtant un allié inconditionnel de Washington, juge la proposition scandaleuse. Emmanuel Macron, lui aussi, s’est élevé contre ce projet inhumain et irréalisable, ainsi que l’Union européenne.

Loin de reculer, Trump persiste et signe, il menace l’Egypte et la Jordanie de leur retirer l’aide américaine si ces pays refusent d’accepter les Palestiniens qu’il envisage de déporter chez eux. Il leur propose tout simplement de vendre leur âme au diable. Comme si ces deux pays allaient crever de faim si par malheur l’aide américaine venait à se tarir.

Au contraire, le projet fou du nouveau locataire de la Maison-Blanche (un sénateur américain a demandé à le soigner en urgence) a contribué à donner un nouveau regain de la solidarité arabe avec la cause palestinienne, y compris parmi les pays arabes qu’il considérait comme proches. Il n’a pas compris que les Arabes ont eux aussi leur dignité qui ne les autorise surtout pas à sacrifier un peuple qui souffre depuis 1948. Le journaliste et écrivain américain Michael Wolff a écrit un livre, Le feu et la fureur, durant le premier mandat de Trump à la Maison-Blanche, dans lequel il le décrit comme un individu dangereux, sans foi ni loi et qui n’a aucune pitié pour les faibles.

Malheureusement, chaque jour donne des raisons de s’inquiéter de cet homme. Il est en confrontation directe avec toute la planète. Trump a commencé, avant même d’entamer son mandat, par annoncer qu’il expulsera des milliers de migrants clandestins. L’opération est en cours. 
Il est ensuite passé à la provocation. Il a décidé de s’emparer du Groeland à cause de ses richesses, sans se soucier du Danemark qui gère ce vaste territoire.

Et même, il projette de rattacher le Canada et d’en faire le 51e Etat des Etats-Unis. Le malheureux Justin Trudeau n’a rien compris à cette tuile qui lui tombe sur la tête. Sur sa lancée, il prétend que le Canal de Panama est américain et qu’il va envoyer les troupes pour l’occuper. Le nouveau secrétaire d’Etat, Marco Rubio, au lieu de calmer les ardeurs de son chef, exige que les navires américains, qui passent par le canal, doivent le faire gratuitement.

Il est vrai que s’il tient un discours pour calmer le jeu, il sera renvoyé avec des coups de pied au derrière. Trump ne connaît pas le langage de la diplomatie. Tout le monde est d’accord sur ce point. La preuve, il sanctionne tous azimuts. Il augmente brutalement les droits de douane sans avertir les pays concernés au risque de perturber gravement les échanges internationaux. Chaque jour que Dieu fait, il surprend son monde, surtout ses alliés. Hier, il a déclaré qu’«un jour l’Ukraine sera russe».

Cela doit faire plaisir à Poutine, même s’il connaît ses volte-face, mais surtout pas au contribuable américain qui a dépensé des dizaines et des dizaines de milliards de dollars pour aider les Ukrainiens.
Trump apparemment cherche à mettre en place un ordre mondial nouveau. Malheureusement, c’est le chaos mondial qui se profile à l’horizon. Toute la planète est désormais en danger.  Ne promet-il pas «un véhitable enfer» au Hamas s’il ne libère pas samedi tous les otages qu’il détient. Encore une fois, ce sont les Ghazaouis qui paieront le prix.
 

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