Comment renforcer la résilience des infrastructures et des bâtiments à valeur stratégique ou patrimoniale contre les risques des catastrophes naturelles ?
Le gouvernement vient de mettre en place un nouveau dispositif et de nouveaux mécanismes pour assurer la préservation de ces édifices. Ce cadre législatif détermine tant la mise en place des plans d’intervention que la gestion des décombres pouvant être engendrés. En effet, quatre décrets exécutifs viennent d’être publiés au Journal officiel n°7.
Ces derniers définissent les missions du comité intersectoriel chargé de l’évaluation des dégâts occasionné par les catastrophes, fixent les modalités d’élaboration du plan spécifique de gestion des décombres, résidus et autre déchets engendrés par les catastrophes, en plus de la mise en œuvre des plans d’intervention en matière de risque de catastrophe.
Le premier texte, fixant les modalités d’élaboration et d’exécution «des plans de confortement» priorisés, établit les modalités de mise en place de ces plans destinés à protéger les infrastructures stratégiques contre les catastrophes naturelles, notamment les séismes.
Ces plans visent à réduire la vulnérabilité des bâtiments et infrastructures en intégrant les techniques modernes de renforcement. Ils s’inscrivent dans une démarche de développement durable, combinant expertise scientifique et innovation technologiques pour assurer la pérennité des constructions concernées.
Leur élaboration suit un processus rigoureux, état des lieux des infrastructures et bâtiments à sécuriser, inspections visuelles et analyses techniques approfondies, études de vulnérabilités, propositions de solutions adaptées, chiffrage des opérations en tenant compte des coûts ainsi que du suivi et de l’évaluation pour analyser l’impact des travaux et ajuster les dispositifs nécessaires.
L’application des plans de confortement repose sur une concertation étroite entre plusieurs ministères, dont ceux de l’Habitat, la Culture, les Travaux publics et l’Hydraulique. Ces derniers travaillent en collaboration avec des bureaux d’études agréés et des organisations spécialisées de l’Etat.
Mesures de prévention
Une commission nationale a été mise en place pour superviser la mise en œuvre des plans de confortement. Ses membres désignés pour une durée de 3 ans renouvelables peuvent solliciter l’expertise de professionnels qualifiés pour renforcer leurs travaux. Au niveau local, chaque wilaya dispose de sa propre commission, dirigée par le wali, chargée d’identifier les infrastructures prioritaires et de suivre l’exécution des travaux sur le terrain.
Le deuxième décret fixe les conditions et les modalités d’élaboration, de mise en œuvre et de gestion des plans d’intervention en matière de risque de catastrophe.
L’article 2 du texte décrit ce plan comme étant «un document qui définit l’ensemble des mesures de prévention, d’organisation et de coordination des secours en cas de risque de catastrophe ayant des effets sur l’installation ou sur l’ouvrage industriel, en vue de protéger les personnes, les biens et l’environnement».
Ce plan vise à faire face aux risques de catastrophes, quelle que soit leur nature et qui «peuvent affecter les installations ou les ouvrages industriels et peuvent impacter la santé des personnes, des biens et de l’environnement».
Gestion des décombres
Le dernier décret fixe les modalités d’élaboration du plan spécifique de gestion des décombres, résidus et autres déchets engendrés par la catastrophe. Celui-ci permettra la mise en place d’un dispositif efficace de gestion des déchets de la catastrophe et la prévention des risques sanitaires et environnementaux qui peuvent être engendrés par les déchets engendrés par la catastrophe. Ce plan doit contenir la classification des déchets, l’estimation des quantités, les procédures de prévention et l’identification des services responsables de la gestion de ces déchets et les laboratoires d’analyses en plus des mesures de communication et de sensibilisation, la création, l’organisation et le fonctionnement des points de regroupement des déchets, sans omettre le suivi et le contrôle des opérations de traitement de ces points suivant un calendrier précis.