Le commerce extérieur des marchandises en Algérie a connu une évolution «contrastée», les exportations, principalement constituées d’hydrocarbures, ont baissé de 15,6%, tandis que les importations ont augmenté de 9,3%, indique l’Office national des statistiques (ONS), qui vient de publier les chiffres liés à l’évolution des échanges extérieurs de marchandises de 2018 à 2023.
L’Algérie a ainsi enregistré, selon la même source, un excédent commercial de 12,1 milliards de dollars, tout en relevant que le taux de couverture des importations par les exportations s’est détérioré, passant de 166,2% à 128,3%.
Et comme prévu, les hydrocarbures continuent de dominer les exportations algériennes, représentant 90% du total en 2023, soit 49,3 milliards de dollars. Les exportations hors hydrocarbures, quant à elles, ont diminué de 18,2% par rapport à 2022, s’élevant à 5,4 milliards de dollars.
Des exportations constituées en majorité de produits dérivés des hydrocarbures, et qui sont loin des 13 milliards de dollars promis par le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, pour 2023, lors de ses sorties médiatiques.
De là à atteindre les 29 milliards de dollars d’exportations hors hydrocarbures promis pour 2030, cela semble un objectif irréaliste, à en croire les chiffres servis par l’ONS. En outre, et selon la même source, les importations de biens sont passées de 39 milliards de dollars en 2022 à 42,7 milliards de dollars en 2023, soit une hausse de 9,3%.
L’Afrique, partenaire commercial marginal
Par groupes de produits, les importations de marchandises sont constituées de «produits alimentaires» avec un montant de 10,4 milliards de dollars contre 10,9 milliards de dollars en 2022, soit une baisse de 4,6%. Les importations des demi-produits ont évolué de 1,3% avec une valeur de 10,2 milliards de dollars en 2023.
La facture d’importation des biens d’équipements industriels totalisait 11,1 milliards dollars, contre 8 milliards dollars, soit une hausse de 38,8%.
Concernant les biens de consommation non alimentaires, l’Algérie a importé pour 6 milliards de dollars contre 5 milliards, avec une hausse de 20% par rapport à l’année 2022. Par ailleurs, l’Union européenne demeure le partenaire commercial essentiel pour l’Algérie, puisqu’en 2023, cette zone économique a englobé 34% des importations et 64,5% des exportations.
L’Asie, quant à elle, se positionne comme le deuxième partenaire commercial, représentant 26,8% des importations et 10,1% des exportations durant la même année. Toutefois, note la même source, les échanges avec cette région ont enregistré une baisse significative de 40,6% des exportations.
Par contre, l’Afrique demeure un partenaire commercial marginal, avec seulement 1,1% des exportations et 0,5% des importations à destination ou en provenance de ce continent. Des chiffres qui contrastent avec le discours gouvernemental qui fait de l’Afrique le nouvel eldorado pour les exportations algériennes. Mahmoud Mamart