Éradiqués récemment : Le grand retour des bidonvilles

08/06/2022 mis à jour: 17:04
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Des bidonvilles, qui ont été éradiqués à partir de 2018, ont été reconstruits au vu et au su des autorités. C’est ainsi que des sites de baraquement s’agrandissent à vue d’œil et d’autres ont été érigés récemment, sans que cela ne fasse réagir les pouvoirs publics.

A Aïn Taya, un bidonville se trouvant sur un sommet de côte à l’entrée de la ville tend à déborder sur la chaussée. Les dernières baraques construites, il n’y a pas si longtemps, ont grignoté le peu d’espace restant pour agrandir le site qui est devenu en l’espace de quelques mois tentaculaire. Cette métamorphose qui s’est faite graduellement est perceptible à partir de la route.

Quant aux domaines agricoles qui sont loin de la vue, le nombre de baraques qui y sont construites illicitement ne cesse de s’accroître. En face de ce sommet de côte qui foisonne de mansardes juxtaposées dans un alignement sinueux, un autre site dissimulé par la végétation dense du lieu pullule également de baraques.

De quelques anciens foyers construits dans les années 1990, le bidonville s’est mu actuellement en un site gigantesque comptant plusieurs dizaine de mansardes. Les pouvoirs publics peinent à maintenir une situation assainie.

Le moindre relâchement dans la vigilance signifie le retour systématique des bidonvilles.

Le même constat est à signaler, par ailleurs, à la cité PLM dans la commune de Bourouba. En face de l’école primaire Ennadjah, il y a une sorte d’enclos, qui comptait dans le passé des logements de fonction d’une société nationale du nom de Sneri.

Après la dissolution de l’entreprise des indus occupants ont élu domicile dans cet endroit, lui conférant des allures de bidonville. En l’absence de surveillance et de contrôle, le nombre des occupants illicites est passé du simple au double. Aucun espace aussi exigu soit-il n’a été laissé vide.

L’endroit est devenu un gigantesque bidonville. A Réghaïa, après l’éradication du grand bidonville El Karrouche, un autre bidonville a vu le jour. Il a été érigé dans un domaine agricole se trouvant en face de l’ancien bidonville.

Des dizaines de baraques ont été rajoutées au noyau d’habitations qui existaient déjà. Seule la route qui sert d’accès au houch a été épargnée. Des baraques se sont greffées tels des appendices à une ancienne cuve à vin datant de l’époque coloniale pour s’allonger sur une cinquantaine de mètres à l’intérieur des terres agricoles.

Les premiers occupants de ce houch se sont installés au début des années 1980. Ils ont aménagé la cuve en logement habitable.

Au début des années 2000 ils se sont constitués en coopérative immobilière. Afin de réaliser leur rêve, ils ont acquis un terrain à la sortie de la ville de Réghaïa. Cependant, leur projet n’a pas abouti, car ils ont été expropriés par les pouvoirs publics au profit d’un autre projet de réalisation de logement.

Détenteurs de documents les confortant dans leur position d’uniques propriétaires, ces citoyens se heurtent à la machine infernale de l’administration. Ce genre de situation aggrave le problème de la prolifération des bidonvilles. A Dergana, la quasi-totalité des baraques construites en face des immeubles et qui ont été démolies l’année passée, a été reconstruite dans les mêmes endroits.

Pis encore, des commerçants illicites, qui avaient des étals de fortune, ont érigé des commerces en dur, à la place de leurs anciens étals. «C’est une situation inadmissible, car il y va de la crédibilité de l’Etat et de ses institutions. Il faut impérativement empêcher les bidonvilles de revenir, sinon tout ce que les pouvoirs publics ont fait jusqu’ici n’aura servi rien», confie un habitant de la localité de Dergana. 


 


 

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